Angola

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République d'Angola

(pt) República de Angola

8° 50′ 18″ S, 13° 14′ 04″ E

L’Angola, en forme longue la république d'Angola, en portugais : República de Angola, est un État du Sud-Ouest de l'Afrique, limitrophe de la République démocratique du Congo au Nord et au Nord-Est, de la République du Congo au Nord-Ouest (par l'enclave du Cabinda), de la Zambie à l'est-sud-est et de la Namibie au sud.

Le pays est un quadrilatère situé entre l’Afrique centrale francophone et l’Afrique australe anglophone. Il est le deuxième pays lusophone par son étendue et le deuxième par sa population. Cette ancienne colonie portugaise est membre de la communauté des pays de langue portugaise. Les frontières actuelles résultent de la colonisation européenne.

L'Angola a été, avec le Ghana et le Mozambique, une des trois principales régions de départ du commerce triangulaire qui emmenait des esclaves vers l'Amérique. Après des années de guérilla contre la métropole coloniale, l’Angola est devenu indépendant en 1975, comme État communiste appelé république populaire d'Angola. Le , jour de l'indépendance, Agostinho Neto devient le premier chef de l'État. À sa mort en 1979, José Eduardo dos Santos prend le pouvoir, même si une guerre civile limite de fait son contrôle sur le pays.

Une guerre civile, qui va durer vingt-cinq ans, s'est en effet déclenchée. Les forces de l'UNITA — appuyée par l’Afrique du Sud (qui a tenu la Namibie jusqu'en 1989) — et du FNLA, s'affrontent au MPLA d'Agostinho Neto. Cette guerre civile, marquée par l'implication d'États étrangers comme Cuba, et attisée par le contexte de la guerre froide et par les rivalités autour des ressources minières du pays, fait à peu près 1 million de morts et laisse des millions de mines anti-personnel qui tuent encore[3].

Le Mouvement populaire de libération de l'Angola, remporte toutes les élections depuis le cessez-le-feu de 1992 ; Dos Santos reste alors président de l'Angola sans discontinuer pendant 38 ans et quelques jours. Les identités sociales ethniques se maintiennent, mais depuis la paix un sentiment national s'est développé.

Des élections générales se tiennent le . Ces élections se déroulent dans le contexte de l'annonce par le président lui-même de sa renonciation au pouvoir. La victoire du MPLA lors de ces élections amène au pouvoir son successeur désigné, João Lourenço, en septembre de la même année[4],[5].

En septembre 2018, le président de la République João Lourenço, est élu chef du parti MPLA, à la suite de la décision de José Eduardo dos Santos de prendre sa retraite[6].

Depuis l'indépendance, c'est le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) qui est au pouvoir. Les années de guerre civile, jusqu'au cessez-le-feu de 1992, n'ont pas été favorables à une ouverture du régime, appuyé par Cuba et par l'Union des républiques socialistes soviétiques. Après la fin de cette guerre civile, mais aussi après l’effondrement du Bloc de l'Est (fin des années 1980 et début des années 1990), et, en face, du régime d’apartheid en Afrique du Sud en 1991, qui soutenait les opposants au MPLA[7], une évolution vers un régime un peu plus démocratique s'est amorcée. Les premières élections générales démocratiques et pluripartites ont eu lieu en Angola les 29 et 30 septembre 1992. José Eduardo dos Santos et le MPLA, de même qu'Isaías Samakuva, successeur de Jonas Savimbi à la tête de l’UNITA, ont renoncé à la lutte armée et se montrent désormais favorables à un processus démocratique. Aux élections de 2017, les deux principaux partis dans l'opposition, l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) et la CASA-CE, ont obtenu respectivement 24,04 % et 8,56 % des voix exprimées. Le MPLA a récolté plus de 64 % des suffrages exprimés[5].

Pour autant, le maintien au pouvoir depuis 1975 de ce parti, la mainmise du dirigeant de l'équipe dirigeante de ce parti sur le pays, son contrôle de la magistrature et de la presse, les intimidations des opposants, tous ces éléments limitent le fonctionnement démocratique[8]. Les équipes dirigeantes ont également la mainmise sur les ressources naturelles du pays, notamment le pétrole, et sur les principales entreprises. Cette mainmise était le fait de José Eduardo dos Santos et de sa famille, notamment de sa fille Isabel dos Santos et de son frère José Filomena dos Santos. José Eduardo dos Santos « a franchi une ligne rouge au milieu des années 2000 lorsqu’il a substitué son clan « biologique », sa famille directe, au clan politique au sein duquel s’étaient jusque-là répartis des postes-clés de l’Etat et de l’économie »[9].

Depuis l'avènement de João Lourenço, le pouvoir de ce clan familial est remis en cause. Un effort anti-corruption doit être mené, mais des caciques du parti MPLA tiennent encore l'essentiel des manettes[10],[9].

La superficie de l'Angola est de 1 246 700 km2. Sa densité de population est de 20 hab./km2. Ses frontières terrestres mesurent 5 198 km. Celle avec la république démocratique du Congo mesure 2 511 km, celle avec la Namibie mesure 1 376 km, celle avec la Zambie 1 110 km et celle avec la république du Congo 201 km. Le littoral d'Angola a une longueur de 1 600 km. Le point le plus haut d'Angola correspond à une altitude de 2 620 m. La frontière avec la république du Congo comprend celle de l'enclave de Cabinda – séparée du reste du pays par le couloir de Moanda – à l'embouchure du fleuve Congo – où la république démocratique du Congo possède un accès maritime.

Deux régions s’opposent sur le plan orographique. Un relief varié s’élevant en gradins (revers de plateau) depuis la plaine côtière (200 km maximum de large) vers des plateaux et massifs intérieurs. Le point culminant est le Môco à 2 620 mètres[12]. L’ensemble le plus massif est le plateau angolais qui déborde à l’Est les frontières de l’État. L'altitude moyenne y est de 1 000 m. À l’Est, se trouve le bassin de très grands fleuves tributaires de l’océan Indien. Le plateau est situé directement sur le bouclier granitique qui contient très peu de structure sédimentaire.

Situé entre le tropique du Capricorne et l’équateur, l'Angola est le pays africain le plus étendu au sud du Sahara après la république démocratique du Congo. L'Angola connaît de fortes variations de températures. Plus on avance vers le nord, plus les précipitations sont importantes. Au nord, le climat est tropical humide avec la présence d'une saison sèche qui s'étend de juin à septembre où le temps est très voilé. Les Angolais parlent « d’hivernage ». Avec l'altitude, dans l'intérieur des terres, les températures sont différentes de celles de la côte, et sont différentes, d'une région à une autre.

Plus on avance vers le tropique, plus le climat est désertique ; le désert de Namibie est l’un des plus anciens et les plus secs du monde. Ce n’est pas un désert de sable mais d’ergs. L’orographie, ici le plateau de climat tempéré, modifie ces données[13]. Le long de la côte passe le courant de Benguela. Depuis la côte Angola – Namibie, un brouillard se dessine au-dessus de la mer quand la plage elle-même est dégagée. La côte est ainsi très sèche. La présence du plateau suscite des précipitations au sud, dans la région de Huambo. Les plaines côtières sont relativement sèches et reçoivent annuellement environ 300 millimètres de précipitations. Le climat est particulièrement humide dans l’enclave équatoriale de Cabinda. Les plateaux reçoivent 1 000 à 1 800 millimètres par an[14].

L'Angola est divisé en dix-huit provinces.

La république d'Angola est un producteur de matières premières, notamment des hydrocarbures et des pierres précieuses.

Son PIB par habitant était de 3 514 dollars en 2016 selon le FMI[15].

Les années de fortes croissances économiques se sont aussi accompagnées d'un élargissement de la fracture sociale : « Entre 2003 et 2008, lorsque le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 17 % en moyenne, les inégalités dans la distribution du revenu se sont accentuées avec l’accumulation de très grandes fortunes appartenant à une petite élite politique et entrepreneuriale. Il y a donc eu croissance sans développement », selon Alves Rocha, directeur du Centre d’études et investigation scientifique de l’université catholique de Luanda[16].

L'Angola est à la huitième place au palmarès des producteurs OPEP pendant la décennie 2010, derrière l'Arabie saoudite et l'Irak, l'Iran et les Émirats, mais aussi le Koweït, le Nigeria et le Venezuela. Il est le deuxième producteur africain après le Nigeria. Le pétrole fournit à l'État angolais 70 % de ses revenus[17].

Le marché noir est important et, en 2018, pourrait représenter 90 % de l’activité économique du pays[17].

Comme le reste de l’Afrique australe, le pays est exposé depuis plusieurs années à des épisodes de sécheresse qui affectent la production agricole et menacent la sécurité alimentaire des populations. Les petits éleveurs sont en outre chassés de leurs terres par les grands propriétaires et se retrouvent dans une situation de grande pauvreté, exposés à la faim et aux maladies (en étant souvent contraints de se nourrir de plantes sauvages)[18].

Le dernier recensement du pays a eu lieu en (il n'y en avait pas eu depuis 1970). Les résultats définitifs ont été publiés en . Selon ces données, la population de l'Angola est de 25 789 024 habitants, dont 12 499 041 hommes et 13 289 983 femmes, soit 100 femmes pour 94 hommes. Avec 6 945 386 habitants, on compte 26,9 % de la population du pays résidant dans la province de Luanda[20].

En 2014, toujours selon les résultats du recensement de , la pyramide des âges comprend 47,2 % de 0−14 ans ; 50,3 % de 15−64 ans et 2,3 % de plus de 65 ans. 65 % de la population a moins de 24 ans[20].

Les groupes ethniques les plus importants sont les Ovimbundu (37 % de la population), les Ambundu (25 %) et les Bakongo (13 %). On compte également 2 % de métis, 258 920 Chinois (2012)[21], et environ 200 000 Portugais (2013)[22].

Une minorité importante de la population adulte se constitue d'analphabètes[23].

Le recensement de annonce que 66 % des plus de 15 ans sait lire et écrire et que 48 % de la population de plus de 18 ans n'a aucun diplôme[20].

15 % des dépenses du gouvernement du pays de la période 1998-2007 étaient destinées à l'éducation[23]. Le pays est confronté au défi de l'enseignement supérieur[24].

La Constitution du a été révisée le , le , le (loi de , pluralisme), le en juillet 1995 ainsi que le . Jusqu'à la dernière version, les constitutions ne contenaient pas de disposition à caractère linguistique. Le portugais était la langue officielle de facto, puisqu’il n’était proclamé dans aucun texte juridique. Dans les lois ordinaires, quelques-unes contiennent une ou quelques rares dispositions d'ordre linguistique, que ce soit au sujet du portugais ou des langues nationales[25].

Dès la proclamation de l’indépendance, les dirigeants politiques angolais ont privilégié la langue qui leur paraissait la seule immédiatement disponible et opérationnelle : la langue du colonisateur, le portugais. Ce n'est qu'en 2010 que la Constitution du a inclus des dispositions d'ordre linguistique. En effet, l'article 19 de la Constitution proclame pour la première fois que le portugais est la langue officielle de la république d'Angola.

Selon les données du recensement de , 71 % des Angolais utilisent le portugais comme première ou deuxième langue[20]. Le portugais d'Angola est proche du portugais du Portugal, mais présente des caractéristiques propres aussi bien dans le vocabulaire et la syntaxe que dans la prononciation.

Six langues bantoues ont le statut de langue nationale[26] : umbundu (23 %), kikongo (8 %), kimbundu (8 %), tchokwé (7 %), nganguela (3 %) et kwanyama (2 %)[20],[26],[1]. Au total, 38 langues bantoues sont parlées comme langue maternelle ou seconde langue par les Angolais[27],[26]. Le lingala est aussi présent depuis les années 1970 avec les quelque 400 000 Angolais de l'ethnie kongo qui ont fui du Nord-Ouest de l'Angola à la suite de la répression coloniale, réponse à l'insurrection anti-coloniale de l'UPA, en 1961, et qui se sont installés en république démocratique du Congo (ancien Zaïre). Surtout dans la région de Kinshasa, ces Angolais ont très souvent abandonné leur langue d'origine, le kikongo, pour passer au lingala, et en retournant en Angola ils ont « importé » cette langue. Il y a déjà une génération d'enfants, et de jeunes de plus de 25 ans, qui sont nés lingalophones en Angola sans avoir jamais été au Zaïre ou au Congo[28].

La religion principale en Angola est le christianisme[29], dont près des trois-quarts de la population du pays sont adeptes[30]. On dénombre environ 1 000 églises ou organisations / institutions religieuses officiellement reconnues[30]. 41,1 %[31] à 60 %[32] de la population angolaise est constituée par les membres de l'Église catholique introduite par les Portugais dès le XVe siècle. Environ un quart appartient aux Églises protestantes fondées pendant la période coloniale, aux XIXe et XXe siècles, surtout à l'Église évangélique congrégationnelle, concentrée dans le Plateau Central et les villes côtières avoisinantes, à l'Église méthodiste dont le fief est une région allant de Luanda jusqu'à Malange, ainsi que l'Église baptiste au Nord-Ouest, mais aussi les Églises luthériennes et reformées[33],[34]. À ces Églises chrétiennes « traditionnelles » s'ajoutent les adventistes, les néo-apostoliques mais à partir de l'indépendance, souvent sous influence brésilienne, surtout de nombreuses communautés pentecôtistes ou semblables (y compris les Témoins de Jéhovah), qui surgissent en général dans les grandes villes. Il y a encore deux Églises chrétiennes-syncrétiques, l'Église kimbanguiste dont le centre se trouve en république démocratique du Congo, et l'Église tocoïste que s'est formée en Angola, toutes les deux des créations datant du temps colonial. Une proportion faible de la population, certainement inférieure à 5 %, se dit croyante d'une religion « animiste », mais un certain nombre de chrétiens, plus spécialement en milieu rural, maintient des croyances et pratiques « traditionnelles ». La proportion des musulmans, tous sunnites, est inférieure à 1 %. Il s'agit principalement d'immigrés de l'Afrique de l'Ouest.

Lorsqu'un jour férié tombe un dimanche, le lundi suivant est chômé.

L'équipe d'Angola de football se qualifie pour la première fois de son histoire pour les phases finales de la Coupe du monde en 2006 en Allemagne. Elle y sera éliminée dès le premier tour, après un match serré contre le Portugal (défaite 0-1) et deux matchs nuls contre le Mexique (0-0) et l'Iran (1-1).

Le lundi , l'Angola est désigné pour organiser la Coupe d'Afrique des nations de football en 2010.

Du 20 au , l'Angola a organisé la 41e édition du championnat du monde de rink hockey à Luanda et Namibe.

Du au , l'Angola organise la CAN 2016 de handball féminin à Luanda où l'équipe d'Angola, onze fois vainqueur de l'épreuve et organisateur, est l'un des pays favoris à la victoire finale.

L'Angola a pour codes :

Sur les autres projets Wikimedia :

L'Angola avait un score moyen de l'Indice d'intégrité du paysage forestier 2019 de 8.35, le classant 23e sur 172 pays[11].
Carte des subdivisions numérotées de l'Angola.
Centre de formation dans la province de Moxico[19].