Canicule de 2022 en Europe

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La canicule de 2022 en Europe est une vague de chaleur sur une grande partie de l'Europe dont le premier épisode débute à la mi-, entraînant des températures record dans toute la région. Ce phénomène favorise le déclenchement d'une série d'incendies de forêt à travers l'Europe. Les températures élevées font des centaines de morts en Espagne et au Portugal[3]. La canicule atteint en juillet le Royaume-Uni dont le service météorologique, le Met Office, émet pour la première fois son alerte rouge de température[4]. Plusieurs villes sont évacuées au Portugal et en France à cause des feux de forêt[3].

Ces vagues de chaleur sont liées au réchauffement climatique en Europe (en)[5],[6],[7]

L'épisode caniculaire de juin 2022 est le résultat d'une interaction entre la présence d'anticyclones, le passage des restes non tropicaux de la tempête tropicale Alex sur le nord-ouest de l'Europe, le fort ensoleillement et une masse d'air émanant d'Afrique du Nord entrée sur la péninsule Ibérique chargée de poussières causant de la brume sèche au centre et au sud de la péninsule[8],[9].

Non seulement les maximums dépassent les 40 °C sur une bonne partie de l'Europe, mais les nuits sont très chaudes avec des minimums au-dessus de 20 °C[10].

La seconde vague de chaleur débute vers le . Elle est due à la présence d'un anticyclone persistant entre les îles Britanniques et le centre de l'Europe, étendant une crête barométrique vers le Maroc. Le ciel dégagé permet à la masse d'air de se réchauffer quotidiennement par ensoleillement et effet de compression. En même temps, une dépression d’altitude, au sud-ouest du Portugal, pousse de l'air saharien vers l'ouest de l'Europe[11].

Le début de la semaine du voit de nombreux records de températures être battus dans toute l'Europe. Cependant, les 21 et , des creux frontaux balayent les îles britanniques et le nord de l'Europe, mettant fin à la canicule sur ces secteurs[12],[13]. L'anticyclone persiste plus au sud, favorisant toujours la canicule, mais il s'atténue graduellement.

La 3e vague de chaleur a commencé le dans les régions méditerranéennes et s’est étendu sur le Sud-Ouest de la France la semaine suivante. Cet épisode est de moindre intensité à ceux de juin et juillet mais d'une durée supérieure[14]. Un blocage oméga est la cause de cet épisode avec un anticyclone en mer du Nord encadrées par 2 dépressions au sud-ouest et sud-est favorisant un ciel dégagé et un flux du sud sur l'Europe de l'Ouest[15].

La semaine du , la configuration atmosphérique s'est défaite et les températures se sont mises à fraîchir grâce au passage d'un creux barométrique d’altitude, allant des îles Britanniques à l’Espagne. Ce dernier à causé le déclenchement d’orages localement violents sur son passage[16],[17].

Du 14 au , l'Allemagne a enregistré 8 % de décès en plus que la normale alors que la température a atteint jusqu'à 39,2 °C à Cottbus, Brandebourg[18],[19]. La seconde canicule a atteint l'Allemagne le avec des valeurs record de 40,1 °C à Hambourg et 40,3 °C à Bad Mergentheim[20]. Du 11 au , le pays a connu un taux de mortalité excédentaire de 16 % et la semaine suivante, de 23 % par rapport à la normale[21].

Le 12 août, à Kaub, le niveau du Rhin est tombé à 38 centimètres, sous le niveau de 40 centimètres considéré comme nécessaire pour une grande partie du transport fluvial. Il devrait continuer à baisser vers 35 cm d’ici le 15 août, selon les données et prévisions de l’autorité fédérale des voies navigables[22].

Une alerte spéciale de chaleur extrême a été activée par l'AEMET dès le pour 12 provinces et des vigilances jaunes pour d'autres[23]. La vague de chaleur devait durer au moins jusqu'au . Le 11 juin, des températures élevées ont été enregistrées dans le sud-ouest de la péninsule Ibérique, avec 41,0 °C à Séville. Le lendemain, les températures ont atteint 43,2 °C à Almadén, province de Ciudad Real, la valeur la plus élevée le jour du début officiel de la canicule, et des valeurs supérieures à 40 °C ont également été enregistrées dans 47 stations du réseau national[24]. Le , la canicule s'est étendue au sud de la Galice et à l'intérieur de la mer Cantabrique. Les nuits tropicales se sont également poursuivies, avec des températures qui ne sont pas descendues en dessous de 20 °C, par exemple à Jaén, le minimum a été de 27 °C[25]. Les seuls points d' Espagne qui n'ont pas été touchés sont les Asturies, les îles Canaries et les villes autonomes de Ceuta et Melilla[26]. Le dernier jour de la vague de chaleur a été le [27].

En juillet, la chaleur a repris et dès le , des records de température sont battus avec 43,3 °C à Orense. Le 17, un nouveau record de 42,3 °C est enregistré à Pampelune[20].

En juillet, l'Estrémadure connaît des incendies de forêt qui se propagent à la province voisine de Salamanque en Castille et León et brûlent plus de 4 000 hectares[28]. Le , l'institut de santé Carlos III annonce la mort d'au moins 43 personnes les 10 et à cause de la chaleur[29].

Le , il est signalé qu'au moins 360 personnes sont mortes entre le 10 et le à cause de la chaleur[30].

La première canicule a débuté le sur le sud du pays, soit la plus précoce jamais enregistrée depuis 1947. De nombreux records mensuels et absolus de température ont été battus. L'anomalie de température a atteint 8,86 °C. Dès le , les 40 °C ont été atteints à Saint-Jean-de-Minervois. Les 17 et 18, les températures maximales de quelques villes ont battu leur record absolu de température : Tarbes à 39,2 °C, Cap Ferret à 41,9 °C, Biarritz à 42,9 °C et Rochefort à 40,6 °C. Des records mensuels ont aussi été battus, allant de 40,6 °C à Carcassonne dans le sud à 34,4 °C Arras dans le nord[10].

Le deuxième épisode caniculaire a officiellement démarré le mardi et c'est la 45e vague de chaleur en France depuis 1947. Le pic a été atteint le  ; ce jour-là des records de température sont battus sur l'ouest de la France, en particulier en Bretagne et Pays de la Loire avec 42,7 °C à Beaulieu-sur-Layon, 39,3 °C à Brest, 42,0 °C à Nantes, 40,2 °C à Vannes, 39,7 °C à Saint-Brieuc, et dans le sud-ouest, avec 42,6 °C à Biscarosse, 42,4 °C à Cazaux, 41,7 °C à La Rochelle, à Rochefort 41,4°C battant pour la 2e fois cette année son record absolu (18 juin 2022 40,6 °C) et 41,1 °C à Saintes[20],[31],[32],[33],[34]. Le lendemain, c'est le nord de la France qui a battu des records absolus avec 40,4 °C à Dieppe, et près de 40 °C à Calais, Boulogne-sur-Mer et Le Touquet[20].

Lors de la troisième vague, du 1er au , la barre des 40 °C a été franchie à plusieurs endroits de la moitié sud-ouest du pays et celle des 30 °C ailleurs. Les maximums ont ainsi atteint 41 °C à Bélis (Landes) et 41,5 °C à Navarrenx (Pyrénées-Atlantiques) le 11. L'anomalie de température a dépassé les +3 °C durant la première moitié d'août et même +3,7 °C entre le 6 et le 12[35].

En plus des records de température, le déficit de précipitations fait de juillet le mois le plus sec des annales modernes, donnant localement des cumuls inférieurs à 5 mm et, au , moins de 3 jours de pluie en plaine, soit 3 à 10 jours de moins que la moyenne climatologique. La moyenne des accumulations mensuelles s’élève à 8,1 mm, soit un déficit de 85 %. La sécheresse du mois s'ajoute à une année sèche rendant les cumuls inférieurs à la moyenne depuis le de 25 % (Île-de-France et Limousin) à 55 % (en Corse), battant celle de 1976[36] (voir Sécheresse de 2022 en France).

La conjonction des températures et de la faible pluviosité a donné des conditions favorables au déclenchement de feux de forêt. En juillet, plus de 20 000 hectares brûlent lors d'incendies dans la forêt des Landes près de Landiras et La Teste-de-Buch en Gironde, provoquant l'évacuation d'un total de plus de 12 000 personnes[37]. Un incendie se déclare également sur le Mont Saint-Michel de Brasparts, dans le Finistère. Plus de 1 725 hectares sont ravagés et plus de 500 personnes sont évacuées[38] (voir aussi Feux de forêt de 2022 en Gironde).

Le , le Met Éireann émet un avis de température élevée pour l'Irlande, avec des prévisions de températures pouvant atteindre et peut-être dépasser 30 °C du dimanche 17 au mardi [39]. Le , Met Éireann émet un avertissement de niveau jaune pour l'Irlande, avec des températures exceptionnellement élevées pouvant atteindre 32 °C[40].

Dès le , des records de températures sont battus avec 47,0 °C à Pinhão et 45,2 °C à Mirandela[20].

En juillet, plus de 3 000 hectares brûlent lors d'incendies de forêt à Leiria, bloquant une partie de l'A1 qui va de Porto à Lisbonne. En Algarve, un incendie se déclare dans la ville de Faro avant de se propager à la station balnéaire de Quinta do Lago (en). Selon l'Autorité de la protection civile, au moins 135 personnes ont été blessées depuis le début des incendies de forêt et environ 800 personnes ont été évacuées de leur domicile[28]. Un pilote meurt lorsque son avion bombardier d'eau s'écrase à Vila Nova de Foz Côa alors qu'il combattait des incendies de forêt dans la région[37]. Au moins 238 personnes sont mortes à cause de la chaleur et le nombre de blessés est passé à 187[41],[42].

Le , le Met Office émet une alerte sanitaire à la chaleur dans certaines parties de l'Angleterre et du pays de Galles[43]. Le , l'UK Health Security Agency (en) (UKHSA) a augmenté le niveau d'alerte canicule à 4, ce qui signifie « maladie et décès survenant parmi les personnes en forme et en bonne santé - et pas seulement dans les groupes à haut risque », déclenchant une urgence nationale[44].

Le Met Office émet son tout premier avertissement de chaleur extrême (rouge) après des prévisions de plus de 40 °C à partir du dans certaines parties de l'Angleterre et une urgence nationale est déclarée[45],[46]. L'avertissement orange de chaleur extrême est étendu pour couvrir les Cornouailles, l'ouest du pays de Galles et certaines parties du sud de l'Écosse. Le météorologue en chef du Met Office, Paul Gundersen, déclare qu'il y avait 50 % de probabilités qu'il y ait des températures supérieures à 40 °C et 80 % de probabilités d'un nouveau record de température[47].

Un certain nombre d'écoles annoncent qu'elles fermeraient ou autoriseraient les élèves à porter un costume d'éducation physique à la place de leur uniforme scolaire les jours les plus chauds[48]. Transport for London a exhorté les gens à ne faire que des trajets essentiels les 18 et [49].

Les températures du sont exceptionnelles, mais le , les maxima sont de 2 à °C supérieurs. Ce jour-là, en mi-journée, une température provisoire de 40,2 °C est notée à l'aéroport de Londres-Heathrow et de 40,3 °C à Coningsby, Lincolnshire selon le Met Office, ce qui en ferait la journée la plus chaude jamais enregistrée au Royaume-Uni[50],[51]. Le record de Coningsby est confirmé par le Met Office le , ainsi que de nouveaux records au pays de Galles de 37,1 °C à Hawarden et en Écosse de 35,1 °C à Floors Castle, Roxburghshire[52]. La chaleur se généralise et la température maximale moyenne dans l'ensemble du Royaume-Uni dépasse 30 °C pour la première fois des annales. Le pays a connu les deux jours consécutifs les plus chauds jamais enregistrés depuis 1960[52].

Au moins dix personnes se sont noyées sur les plans d'eau dans le pays depuis que la chaleur a commencé à augmenter[53]. Les pompiers de Londres ont déclaré un incident majeur après que plusieurs incendies se sont déclarés dans la capitale à la suite de la canicule[54].

À la fin du mois de juillet, la température de surface de la mer était de 4 à °C au dessus de la moyenne saisonnière entre la mer Tyrrhénienne et les Baléares, atteignant de 27 à 30 °C. En début août, la température restait entre 27 et 29 °C sur une grande partie de la Méditerranée occidentale. Depuis 1982, le début de l'utilisation du satellite météorologique pour noter ces températures, ce n'est que la seconde fois que de telles valeurs ont été observées, l'autre étant en . Cependant, il y une augmentation de la durée, de l’étendue et de l’intensité de ces canicules océaniques tant en surface qu'en profondeur. Elles ont un impact important sur la biologie marine[55].

Les climatologues ont lié la chaleur extrême à l'impact du changement climatique et les experts prédisent que les modifications du courant-jet résultant du changement climatique provoqueront des vagues de chaleur de plus en plus intenses, longues et fréquentes en Europe[56],[57]. De plus, l'augmentation du nombre de vagues de chaleur pour les pays européens serait de trois à quatre fois plus élevé que pour les autres pays de moyennes latitudes nord tel que les États-Unis (voir Réchauffement climatique en Europe (en))[58],[59].

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Températures sur la péninsule Ibérique et la France au 21 juin.
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Le cours du fleuve Huveaune asséché à Aubagne pendant la canicule de 2022.
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Plage bondée augmentant le risque de noyade.