Guerre du Tigré

Pages pour les contributeurs déconnectés en savoir plus

Cet article concerne une guerre en cours.

Ces informations peuvent manquer de recul, ne pas prendre en compte des développements récents ou changer à mesure que les combats progressent. Le titre lui-même peut être provisoire.
N'hésitez pas à améliorer cet article en veillant à citer vos sources.
La dernière modification de cette page a été faite le 27 septembre 2022 à 12:36.

Territoires contrôlés par les troupes pro-gouvernement fédéral

En cours

Drapeau de l'Érythrée Érythrée[10],[11]

Batailles

Bataille de MekeleOpération AlulaOffensive d'Octobre

La guerre du Tigré est une guerre civile qui a lieu entre le gouvernement fédéral éthiopien, le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) et le Front de libération oromo (ALO) depuis le . D'abord cantonné au Tigré, le conflit s'étend à l'Oromia, l'Amhara et l'Afar.

Le conflit est issu de la rébellion du Front de libération du peuple du Tigré à l'encontre du gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed[47]. La volonté de ce dernier de mettre fin courant au système politique ethnocentré en vigueur depuis 1994 provoque l'affaiblissement par le gouvernement éthiopien de la position de l'ethnie tigréenne, dirigée par le FLPT, ce qui amène ce dernier à refuser son intégration politique au sein du Parti de la prospérité d'Abiy Ahmed, à conduire des élections séparées, puis à entrer en rébellion ouverte en .

Depuis l'entrée en vigueur de la constitution de 1994, l’Éthiopie est un État fédéral divisé en régions — parfois appelées États — établies sur des bases ethniques[48]. L’Éthiopie est alors un État autoritaire, dirigé depuis des décennies par la même coalition, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), au sein de laquelle la minorité tigréenne possède une part du pouvoir très importante en comparaison de celle de sa population, qui totalise 6 % de celle du pays[49]. Cette hégémonie est notamment très marquée sous les mandats du tigréen Meles Zenawi, Premier ministre de 1995 à sa mort en 2012.

La situation change au début de l'année 2018 lorsque le pays est agité par des troubles socio-politiques qui conduisent en avril au report des élections municipales et à la démission du Premier ministre Haile Mariam Dessalegn[50]. Le FDRPE nomme alors Abiy Ahmed au poste de Premier ministre d'Éthiopie le [51]. Celui-ci se lance très vite dans un vaste programme de réformes, dont la libération de dissidents, une ouverture de l’espace démocratique ainsi que le retour à la paix avec l’Érythrée voisine, ce qui lui vaut une importante popularité et l'obtention, le , du prix Nobel de la paix[52],[53],[54]. Le nouveau Premier ministre s'efforce également de réformer le FDRPE en une structure nationale centralisée, celui-ci étant composé de quatre partis ethno-régionaux implantés indépendamment les uns des autres dans les régions des Oromos, des Amharas, des Tigréens et des peuples du sud. Ceux-ci sont ainsi fusionnés en une seule formation : le Parti de la prospérité, à l'exception du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), qui refuse son incorporation[55],[56].

Le rapprochement avec l'Érythrée est également source de tensions, la région du Tigré délimitant une grande partie de la frontière où se sont déroulés les affrontements et les revendications territoriales des deux pays. Le FLPT, qui dirige seul la région du Tigré, accuse le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed – un Oromo, ethnie la plus importante en Éthiopie – d’avoir progressivement marginalisé la minorité tigréenne (6 % de la population) au sein de la coalition au pouvoir, que le parti a depuis quittée, se positionnant de facto dans l’opposition depuis 2018[57].

Le FLPT devient séparatiste à partir du report des élections législatives éthiopiennes de 2021, qui devaient se tenir en , puis lance le une attaque contre des bases des Forces de défense nationale éthiopiennes à Mekele, la capitale du Tigré, et à Dansha, une ville de l’ouest de la région[58],[59].

La région totalise plus de la moitié de l’ensemble du personnel des forces armées et des divisions mécanisées du pays dans le Commandement du nord à la suite de la guerre entre l'Érythrée et l'Éthiopie, selon un rapport du centre de réflexion International Crisis Group (ICG) publié fin , environ 20 % des effectifs totaux sont originaires du Tigré et ont dans leur grande partie déserté. Selon l’ICG, les autorités du Tigré peuvent compter sur « une importante force paramilitaire et une milice bien entraînée », dont les effectifs combinés sont estimés à 250 000 hommes et « semblent bénéficier d’un soutien significatif des six millions de Tigréens »[60]. La totalité du parc éthiopien de missiles balistiques tactiques et roquettes guidées d'origine chinoise[61], et plusieurs sites de sites de missiles sol-air, ont été capturés au début de la guerre par les forces tigréennes.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, dans une intervention télévisée, a déclaré que l'attaque a été repoussée par des forces de sécurité de la région d’Amhara, qui borde le sud du Tigré. Elle a fait « de nombreux morts, des blessés et des dégâts matériels ».

Le bureau du Premier ministre a accusé dans un communiqué le FLPT d’avoir habillé ses soldats avec des uniformes semblables à ceux portés par l’armée érythréenne afin « d’impliquer le gouvernement érythréen dans les fausses revendications d’agression contre le peuple du Tigré »[62].

Le , l'état d'urgence est déclaré pour six mois par le gouvernement éthiopien qui a lancé, la veille, une opération militaire avec de l'artillerie contre le FLPT[63],[64].

Le même jour, le président de Front de libération du peuple du Tigré Debretsion Gebremichael a confirmé que les forces tigréennes contrôlaient le quartier général du commandement nord de l'armée éthiopienne et avaient saisi la plupart de ses armes[65]. Debretsion a également déclaré que le Commandement du Nord lui-même avait fait défection et rejoint la rébellion et que l'armée de l'air éthiopienne bombardait des zones proches de Mekele, la capitale du Tigré[66].

Le , le Conseil de la fédération, la chambre haute éthiopienne, s’est réuni en session extraordinaire et a approuvé une résolution pour établir un gouvernement de transition au Tigré ; cette décision signifie que le Parlement éthiopien suspend les autorités provinciales du Tigré[67].

Le , le général Adem Mohammed, dirigeant l'armée éthiopienne, est limogé et remplacé par son adjoint le général Berhanu Jula. D'autres nominations dans les services de sécurité ont lieu pour la constitution d'un « cabinet de guerre »[68].

Dans la nuit du au , après une défaite contre les troupes gouvernementales, les miliciens tigréens massacrent environ 600 civils amharas à Maï-Kadra (en)[69]. Le lendemain, l'armée éthiopienne s'empare de la ville[69].

Le , trois missiles balistiques tactiques M20 sont tirés depuis la région du Tigré vers Asmara, la capitale de l'Érythrée[70] . Ces tirs sont revendiqués le lendemain par le FLPT qui accusent l'armée éthiopienne d'utiliser l'aéroport d'Asmara pour bombarder la région et le considèrent donc comme « une cible légitime »[71].

Le , le gouvernement annonce avoir pris la ville d'Alamata, dans le sud de la province du Tigré[72]. Le , le gouvernement annonce le contrôle des villes de Shire et d'Aksoum[73]. Le lendemain, le gouvernement annonce avoir repris les villes d'Adoua, de Tsorona-Zalambessa, au nord, et de Mehoni, au sud[74]. En parallèle, au Soudan, le nombre de réfugiés atteint 36 000 personnes, avec une augmentation de 4 000 réfugiés supplémentaires par jour[75]. Le , le gouvernement annonce la reprise de la ville d'Adigrat[76],[77].

Le , le Premier ministre Abiy Ahmed lance un ultimatum de 72 h aux dirigeants tigréens[a], peu de temps avant une attaque prévue sur Mekele, invitant également la population à fuir et à se « dissocier de la junte ». Le chef du FLPT promet en réponse de livrer des « combats acharnés », ajoutant que « tant que la force d’occupation sera au Tigré, les combats ne cesseront pas »[78].

Le , à la suite du refus de l'ultimatum par le FLPT, le Premier ministre ordonne à l'armée de lancer l'offensive contre la capitale tigréenne, ajoutant que « tout sera fait pour éviter de cibler les vestiges historiques, les lieux de culte, les institutions publiques et de développement, les domiciles privés » et invitant les habitants « à déposer les armes, à se tenir à l’écart des cibles militaires et à prendre toutes les précautions nécessaires »[79]. Le , le gouvernement éthiopien annonce la reprise de la ville de Wukro, située à 50 km au nord de Mekele[80].

Le , le gouvernement éthiopien annonce la reprise de la ville de Mekele, capitale du Tigré[81].

Le , l'électricité revient partiellement, ainsi que le téléphone dans la ville de Mekele, malgré des pénuries alimentaires, d'eau et d'essence ; en parallèle, l'espace aérien du Tigré est rouvert à la même date. De même, le gouvernement demande aux employés publics de retourner à leur poste[82].

Du 9 au , un affrontement majeur éclate entre les forces tigréennes et érythréennes dans le woreda de Werie Lehe[23].

Le , des combats éclatent dans le woreda de Samre dans la zone Sud-Est[23].

Le samedi , le ministre des Affaires étrangères éthiopien, Demeke Mekonnen, rejette les accusations américaines, du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, de nettoyage ethnique au Tigré, les qualifiants de "complètement infondées et fallacieuses" et ajoutant que "rien, pendant ou après la fin de la principale opération de maintien de l’ordre au Tigré, ne peut être identifié ou défini d’aucune manière comme un nettoyage ethnique ciblé, intentionnel, contre quiconque dans la région. C’est pourquoi le gouvernement éthiopien s’oppose vigoureusement à de telles accusations"[83].

Le lundi , la Haute Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, accède à la demande de la Commission pour les droits de l'Homme éthiopienne (EHRC) concernant l'ouverture d'une enquête conjointe à la suite de la dénonciation par des habitants du Tigré de massacres et de violences sexuelles à grande échelle à l'encontre des populations civiles de la province par les forces de sécurité[84].

Le , les forces tigréennes lancent une attaque dans la région d'Amhara[23].

Après avoir admis le que les forces de l'Érythrée opèrent au Tigré, le premier ministre éthiopien déclare le 26 mars qu'elles quitteront bientôt le territoire[85].

Le vendredi également, le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) déclare que des équipes de l'ONU ont pu confirmer la destruction des camps de réfugiés de Shimelba et Hitsats, les équipes de l'ONU déclarant avoir "trouvé les deux camps totalement détruits, et toutes les installations humanitaires pillées et vandalisées", confirmant ainsi l'analyse d'images satellites de [86].

Un rapport de l'International Crisis Group, intitulé "La guerre au Tigré: une impasse meurtrière et dangereuse" est publié le . Ce rapport indiquant que le conflit est actuellement dans une impasse et pourrait durer des mois voire des années. Selon ce même rapport, le gouvernement éthiopien contrôlerait les villes et les axes majeurs de communication tandis que le FLPT contrôlerait l'arrière pays et disposerait d'une assise populaire grandissante au Tigré, créant ainsi les conditions d'un enlisement du conflit et d'un risque de crise humanitaire[87],[23].

Le , les troupes érythréennes commencent leur retrait d'Éthiopie selon le gouvernement éthiopien[88],[89].

Bien qu'ils n'aient contrôlé aucune grande ville pendant des mois, les dirigeants du Tigré avaient affirmé à plusieurs reprises se regrouper dans des zones rurales reculées. Ils ont lancé leur offensive le 18 avril, à trois jours des élections nationales très attendues, qui se sont tenues dans une grande partie de l'Éthiopie[90].

Le , un avion de transport C-130E Hercules de la force aérienne éthiopienne embarquant des troupes est abattu dans le woreda de Samre[91].

Un correspondant du forum ACIG fait état le , cinq jours après le déclenchement de l'opération Alula, de plus de 4 000 prisonniers de guerre (dont le commandant de la 11e division éthiopienne), et de lourdes pertes matérielles infligées par les forces du Tigré aux 11e et 33e divisions éthiopiennes et à des unités érythréennes.

Lors de l'opération Alula[92], le , sept mois jour pour jour après avoir dû abandonner Mekele face aux assauts de l’armée fédérale éthiopienne, la capitale régionale est reprise sans combat par les Forces de défense tigréennes (Tigray Defense Forces, TDF)[93] et le soir, le gouvernement éthiopien annonce qu'« afin que les agriculteurs puissent cultiver paisiblement, que l’aide humanitaire puisse être distribuée en dehors de toute activité militaire, que les forces résiduelles du TPLF puissent reprendre le chemin de la paix […], un cessez-le-feu unilatéral et inconditionnel a été décrété à compter d’aujourd’hui, jusqu’à la fin de la saison des cultures »[94],[95]. Il semble à cette date que, sous la contrainte, les forces fédérales de l'Érythrée évacuent plusieurs grandes villes du Tigré[96]. Le , plusieurs de ces villes passent sous le contrôle des forces du Tigré, qui déclarent ne pas tenir compte de ce cessez-le-feu[97].

Plusieurs milliers de prisonniers de guerre éthiopiens défilent à Mekele le avant d'être emprisonnés. Le dirigeant du FLPT, Debretsion Gebremichael, a déclaré que ses combattants avaient capturé plus de 6 000 soldats[98].

En , le gouvernement éthiopien et les forces tigréennes ont démarré des négociations pour un cessez-le-feu, après que les forces tigréennes ont repris une grande partie du Tigré, excepté certaines régions de l'Ouest et du Sud[99]. En , le FLPT annonce la prise de la ville de Lalibela et de Kobo, situés en région Amhara[100].

De violents combats se déroulent autour du nœud stratégique de Weldiya, en bordure des Hauts Plateaux, sur la route de la capitale fédérale.

Le , le cessez-le-feu humanitaire unilatéral annoncé fin juin par Addis-Abeba est définitivement enterré et Abiy Ahmed lance un appel à la mobilisation générale. Il explique que « c'est le moment pour tous les Éthiopiens aptes et majeurs de montrer leur patriotisme »[101].

Début novembre les rebelles prennent les villes de Dessie, de Kombolcha et de Kemise situées aux sud du Tigré en direction de la capitale[102]. Le gouvernement décrète l'état d'urgence[103].

Le 5 novembre, le Front de libération du peuple du Tigré et l'Armée de libération Oromo, ainsi que sept autres groupes mineurs, annoncent la formation du Front uni des forces fédéralistes et confédéralistes éthiopiennes avec pour objectif de renverser le gouvernement[104],[105]. En novembre 2021, les rebelles déclarent contrôler la ville de Shewa Robit[106].

Après de violents combats, les rebelles tigréens du FLPT sont stoppés à Debre Sina[107], après une contre-offensive les forces gouvernementales parviennent à reprendre le contrôle de Shewa Robit le 1er décembre 2021[108]. Le même jour, le gouvernement éthiopien annonce la reprise de Lalibela[109], ville connue pour ses églises rupestres classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces victoires marquent le coup d’arrêt de l’offensive tigréenne en territoire Amhara.

Durant les jours suivants, les forces progouvernementales reprennent plusieurs localités le long de l’autoroute A2, jusqu’à atteindre la ville de Kemise le 3 décembre, cette dernière sera reprise le jour suivant après d'intenses combats [110].

Le 4 décembre, des petites localités comme Tenta ou Ajebar sont reprises par des milices progouvernementales[111]. Après de nouveaux combats le long de l’autoroute A2, le gouvernement annonce la reprise des villes stratégique de Kombolcha et de Dessie le 6 décembre[112].

Durant les jours suivants, le gouvernement continue sa progression éclair en reprenant entre autres Wuchale le 8 décembre[113]. Le 9 et le 11 décembre, des frappes aériennes visant les troupes tigréennes sont effectuées par l’aviation éthiopienne à Kobo et à Kulmesk[114].

Le 12 décembre, Lalibela est reprise par les forces tigréennes sans combats[115]. Malgré cette défaite le gouvernement continue de progresser, notamment avec la reprise de Mersa le 17 décembre[113].

Le 18 décembre, le gouvernement annonce avoir repris de nombreuses villes dont Weldiya, Lalibela (pour la seconde fois) et Kobo[116],[114].

Le 20 décembre 2021, le porte-parole du FLPT annonce que les forces tigréennes sont en train de se retirer des régions Amhara et Afar pour « ouvrir la porte » à l'aide humanitaire et espère que « notre acte audacieux de retrait sera une ouverture décisive pour la paix »[117] . Le retrait de ces deux régions était réclamé par le gouvernement comme préalable à toutes négociations[118].

Le 21 décembre, le gouvernement capture Waja et Alamata, ce sont les premières villes tigréennes à tomber depuis le début de la contre-offensive gouvernementale[119],[120].

Une journée plus tard, le 22 décembre Sekota est reprise par l'armée éthiopienne, la totalité de l'Amhara à l'exception d'Addi Arkay est ainsi reprise par le gouvernement[121].

En début d'année 2022, le FLPT confirme la reprise d'Alamata vers le 6 janvier, puis de Waja le 9 janvier[122].

Le vendredi 7 janvier 2022, Abiy Ahmed lance un appel à la « réconciliation nationale » ; le même jour il annonce l'amnistie de plusieurs opposants au régime, parmi lesquels des membres du FLPT. Le gouvernement précise que ces libérations ont pour but « d’ouvrir la voie à une solution durable aux problèmes de l’Éthiopie, de façon pacifique et non violente » à travers le « dialogue national »[123].

Dans les jours suivants, le gouvernement éthiopien mène plusieurs frappes de drones au Tigré, notamment au camp de déplacés de Dedebit et dans la ville de Mai Tsebri le et . Dans le même temps des escarmouches ont lieu sur le front. Malgré tout les deux camps se disent favorables à la négociation[124].

Près de 40 % de la population du Tigré souffre d'une « pénurie extrême de nourriture » selon un rapport de l'ONU ()[125].

Le , le gouvernement éthiopien a déclaré une trêve humanitaire indéfinie, afin de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire dans le Tigré[126].

Le 24 aout 2022, après 5 mois de trêve, les affrontements reprennent dans les zones frontalières de la région du Tigré. Le gouvernement et le TPLF s'accusent mutuellement d'être responsable de ces combats. La milice amhara Fano affirme que des combats se déroulaient dans les localités de Mehago et Jemedo situées en territoire Amharas à la frontière sud-ouest du Tigré. Toujours selon cette milice aucun combat de se reroulerait dans le Tigré même. Des combats auraient également lieu dans la région Afar toujours à la frontière avec le Tigré[127],[128]. Le même jour l'armée éthiopienne annonce avoir abattu, un avion qui acheminait des armes pour le TPLF. Chose que les forces tigréennes nient[129].

Le 26 aout 2022 le gouvernement éthiopien procède à plusieurs frappes aériennes à Mekele, capitale de la région du Tigré[130]. L'aviation éthiopienne bombarde ainsi un jardin d'enfants, selon l'UNICEF, dans la ville de Mekele, capitale du Tigré, faisant au moins 4 morts et 9 blessés.[131],[132].

Le samedi , les troupes du TPLF prennent la ville de Kobo en région Amhara[133]. Officiellement l'armée éthiopienne annonce s'être retirée de la ville de Kobo pour "éviter des pertes massives" chez les civils.[134].

Le mercredi , le gouvernement éthiopien et les rebelles tigréens s'accusent mutuellement d'ouvrir de nouveaux fronts notamment dans le nord est de l'Amhara et dans l'ouest du Tigré occupé depuis fin 2020 par les forces régionales d'Amhara. La veille, l'APDA, une ONG active en Afar, indique y avoir recensé 18000 déplacés depuis la reprise des combats.[135].

Le , le TPLF accuse les gouvernements éthiopien et érythréen d'avoir lancé une offensive depuis l'Erythrée, ouvrant ainsi un nouveau front au nord du Tigré[136].

Le , à l'initiative des Etats-Unis, des représentants du gouvernement éthiopien et du TPLF se rencontrent à Djibouti pour entamer des pourparlers.[137].

Le dimanche , le TPLF se déclare prêts à participer à un processus de paix sous l'égide de l'Union Africaine[138].

Le , le conflit au Tigré a déjà fait des centaines de morts, d'après des sources militaires éthiopiennes. Selon une de ces sources, près de 500 membres des forces du Tigré ont été tués par l'armée éthiopienne[réf. nécessaire]. Trois sources sécuritaires rapportent de leur côté que l'armée gouvernementale a perdu des centaines d'hommes dans ces combats[réf. nécessaire].

La malnutrition pré-crise au Tigré était déjà en hausse en raison du COVID-19 et de l'infestation de criquets pèlerins, avec une augmentation de 34% des admissions d'enfants gravement malnutris entre janvier et , par rapport à la même période en 2019. À la mi-, 950 000 déplacés liées à ce conflit sont recensés, dont 50 000 réfugiés au Soudan[59].

Au , les routes d'approvisionnement étant coupées et la saison des récoltes affectée par le conflit, les rapports indiquent que la nourriture n'est pas disponible ou est extrêmement limitée sur les marchés dans les camps au Soudan. Par ailleurs, plusieurs camps de réfugiés dans la province du Tigré ont été l'objet de destructions matérielles et de violences sur les réfugiés Érythréens eux-mêmes, qui sont forcés au retour en Érythrée[139],[140].

Le , Amnesty International[141] dénonce des crimes contre l'humanité au Tigré. L’association de défense des droits de l’homme a rassemblé des dizaines de témoignages qui détaillent des exécutions sommaires, « des centaines de civils », perpétrées fin par l’armée érythréenne[142]. Ceci s'est passé en 24 heures sur les 28-. Dans son rapport, Amnesty appelle à une enquête menée par l'ONU sur les violences perpétrées à Axum, dans le cadre d'une enquête internationale plus large sur le conflit qui a débuté le . Le rapport intervient avec la pression internationale croissante pour que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, arrivé au pouvoir en 2018, rétablisse la paix. L’Éthiopie reçoit des centaines de millions de dollars d’aide annuelle des États-Unis et de l’Union européenne. Les responsables éthiopiens et érythréens ont nié que les forces érythréennes aient été impliquées dans le conflit du Tigré, malgré les récits des témoins. Après la publication du rapport, le ministre de l’Information de l’Érythrée, Yemane Gebremeskel a contesté les méthodes de recherche d'Amnesty et l'a accusé de partialité à l'encontre de l'Érythrée. Le directeur d’Amnesty International pour l’Afrique orientale et australe a déclaré que les troupes érythréennes « se sont déchaînées et ont systématiquement tué des centaines de civils de sang-froid, ce qui semble constituer des crimes contre l’humanité. »[143] Le 11 janvier 2022, des sources humanitaires et hospitalières rapportent des frappes aériennes menées par des drones dans la région du Tigré, en Éthiopie. Elles ajoutent que 19 personnes sont mortes, et des dizaines ont été blessées.[144] Le TPLF Tigray annonce la reprise des combats et envahit le killil Afar fin décembre 2021. Les combats à l'arme lourde provoquent l'exode de plus de 400 000 civils Afars.

Le , l'ONU a demandé une enquête indépendante sur les nombreux civils qui auraient été tués dans la région du Tigré en Éthiopie, où le pouvoir fédéral a lancé une opération militaire, évoquant de possibles crimes de guerre.

À travers le monde, les organisations internationales et humanitaires ainsi que la communauté scientifique se sont rapidement engagés en faveur du cessez-le-feu et l’aide humanitaire pour le Tigré[145],[146].

Le , juste après la publication du rapport d'Amnesty international, le commissaire européen Janez Lenarčič et le Haut représentant de l’UE Josep Borrell condamnent « dans les termes les plus fermes, tous les crimes contre les civils » et demandent « que leurs auteurs soient rapidement traduits en justice »[147].

Le , les États-Unis annoncent le retrait du personnel non-essentiel de leur ambassade en Éthiopie[148].

En , les Nations unies annoncent l'ouverture d'une enquête sur la question de crimes contre l'humanité commis pendant la guerre du Tigré[149].

En dehors de l'Éthiopie, des Tigréens de la diaspora ainsi que des Érythréens organisaient des rassemblements publics pour s'opposer à la guerre. Des manifestations ont eu lieu en 2020 :

Des pétitions internationales pour l’aide humanitaire au Tigré ont été lancées, par exemple par des scientifiques concernés (Professeurs Jan Nyssen, Eloi Ficquet et autres)[156] et une autre sur Avaaz[157].

« Tigrayan forces and militia are battle-hardened, have large stocks of military hardware and number up to 250,000 men, experts say. Federal authorities have restricted access to the region, making it hard to verify details of the fighting. However, there are indications that Tigrayans in the powerful Northern Command, which accounts for about half of the federal army’s manpower and its best divisions, are defecting. Local forces are already in control of its headquarters in Mekelle and other army facilities in Tigray, according to a United Nations internal security report seen by Reuters. Ethiopia expert Alex de Waal said Abiy may have underestimated the Tigray leaders’ skills at both politics and war. The Tufts University academic recalled the words of Tsadkan Gebretensae, a Tigrayan who once commanded Ethiopia’s army against Eritrea, in a conversation with him: “War is primarily an intellectual activity". »

« which was estimated to have 250,000 fighters under its command – would continue. »

Carte de localisation du Tigré au sein de l'Éthiopie.
Vue aérienne de la capitale du Tigré. À la périphérie de la ville un haut monument en mémoire de la guerre contre le Derg.
La capitale du Tigré, Mekele, en 2018. À la périphérie de la ville, un haut monument en mémoire de la guerre contre le Derg.
Manifestation anti-guerre au Tigré, Paris, 5 février 2022.