Habitat troglodytique

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L'habitat troglodytique est, depuis la Préhistoire, une architecture, rudimentaire ou somptueuse, présente dans différentes traditions consistant à aménager des habitats souterrains ou creusés dans le rocher à flanc de montagne. Les maisons troglodytiques sont généralement creusées dans des roches sédimentaires (calcaires, molasse, grès, tuf, lœss, etc.) ou volcaniques (cendres, tuf tendres, etc.) sous tous les climats. De l'abri sous roche[1],[2] au château ou à la cité souterraine, cette architecture a une fonction d'habitat temporaire ou permanent mais revêt traditionnellement d'autres usages domestiques ou agricoles et également, assez souvent, une fonction religieuse dans de multiples sociétés.

Le mot « troglodyte » vient du latin troglodyta, lui-même du grec ancien τρωγλοδύτης, de τρώγλη (caverne) et δύειν (pénétrer dans, plonger). Un troglodyte est un être humain ou un animal (y compris invertébré) habitant une caverne ou une demeure creusée dans le roc ou s'appuyant sur des falaises ou des grottes naturelles ; le troglodyte est l'habitant de cette maison permanente ou saisonnière. Les expressions : habitat troglodytique, cité troglodytique, maison troglodytique, etc., sont couramment utilisées pour parler de la vie dans le monde souterrain.

Plusieurs termes, utilisés en biologie, nuancent les modes d'occupation de l'habitat troglodytique, l'espèce y étant inféodée à des degrés divers :

Le peuple antique des Troglodytes vivait en Égypte, à proximité de la mer Rouge, installé dans les anfractuosités des rochers. Les auteurs antiques sont nombreux à y faire allusion comme Hérodote, Claude Ptolémée, Agatharchide, Strabon, Diodore de Sicile, Pline, Tacite, Flavius Josèphe, etc.

Ainsi dans son Histoire naturelle, Pline l'Ancien donne une description des Troglodytes tout en les associant à divers peuples plus ou moins mythologiques, les Garamantes, les Augyles, etc. :

« Les Troglodytes creusent des cavernes, ce sont leurs maisons ; la chair des serpents leur sert de nourriture ; ils ont un grincement, point de voix, et ils sont privés du commerce de la parole. Les Garamantes ne contractent point de mariages, et les femmes sont communes. Les Augyles n'honorent que les dieux infernaux. Les Gamphasantes, nus, ignorants des combats, ne se mêlent jamais aux étrangers. On rapporte que les Blemmyes sont sans tête, et qu'ils ont la bouche et les yeux fixés à la poitrine[3]. »

Plus tard, dans sa classification des êtres vivants Carl von Linné regroupe en troglodytes : Homo nocturnus, Homo sylvestris, Orang-Outang et Kakurlacko[4]. Par la suite, dans Amoenitates academicae (1763), il définit un taxon assez vaste Homo anthropomorpha désignant une variété de créatures mythologiques et proches de l'homme, comme le troglodyte, le satyre, l'hydre, le phoenix. Il ajoute que ces créatures n'existèrent pas vraiment mais qu'elles étaient des descriptions inexactes de créatures ressemblant aux grands singes (Pan troglodytes, le chimpanzé a conservé cette dénomination scientifique)[5].

Quant à Montesquieu dans les Lettres persanes XI à XIV, il relate l'histoire des Troglodytes mais la fable, sous couvert de description d’un peuple d’Orient, à la mode à cette époque, a pour but de développer les idées de l’auteur sur les mœurs de la société.

Le Petit Larousse de 1920, publie une photographie avec une note qui présente les troglodytes comme des sortes de sauvages : ainsi, les auteurs rapportent que Pline l'Ancien, Ptolémée et Strabon ont parlé des Troglodytes : selon Strabon, ils ne cultivaient pas la terre mais habitaient les anfractuosités des rochers et vivaient des produits de leur chasse. Les femmes et les enfants étaient en commun. Ils mangeaient aussi les serpents, selon Pline l'Ancien, et n'avaient aucune langue fixée mais poussaient de simples cris gutturaux...

Débarrassée de la mythologie, la vision accordée au mode de vie trogodytique s'est nuancée d'autant qu'il est universel, dans le temps et l'espace, et prend des formes assez variées adaptées aux climats, à la possibilité d'utiliser les cavités naturelles ou de les creuser et, aux catégories sociales y vivant temporairement ou de façon permanente. Aujourd'hui encore, dans de nombreuses parties du monde, les populations ayant construit leurs habitats dans des abris naturels, de profondes grottes ou creusées dans des parois calcaires ou d'autres roches sont toujours appelés troglodytes.

La toponymie reflète la richesse des sites et des situations du troglodytisme en France et une histoire ancienne. Cartes, cadastres, traditions orales, etc., parlent des sites souterrains utilisés par les hommes[6].

La forme revêtue par les structures pour la vie souterraine est assez diversifiée.

Les grottes naturelles ou abris sous roche ont été utilisées depuis la Préhistoire en campements généralement saisonniers. L'art pariétal au Paléolithique témoigne de cette présence de l'activité humaine dans les grottes et abris sous roche. En France, plus de 170 sites, pour la plupart dans le Sud et le Sud-Ouest (voir par exemple la grotte de Lascaux et la grotte Chauvet[9]) se développent sur une période d'environ 26 000 ans, de l'Aurignacien (il y a 38 000 ans) à la fin du Magdalénien (il y a 12 000 ans). Les régions calcaires traversées par des réseaux karstiques de France et d'Espagne offrent la plus grande densité de sites d'art pariétal, suivies par le Portugal, l'Italie, la Roumanie et l'Angleterre[10].

Le véritable habitat troglodytique commence avec le Néolithique, d'une protection épisodique dans une cavité rocheuse, grande ou petite, l'homme passe à un habitat plus permanent, creusé, aménagé dans la roche à la faveur d'un contexte géologique et climatique favorable. Des habitats enterrés, pas à proprement parler creusés dans la roche, complètent les possibilités d'abris avec des modes de vie comparables (par exemple aux Orcades pauvres en bois), les maisons semi-enterrées et couvertes de tourbe (Irlande, L'Anse aux Meadows de Terre-Neuve, etc.) s'en approchent en comparaison à l'habitat actuel dominant. Outre la fonction d'habitat, l'occupation devient cultuelle, funéraire, défensive et économique (stockage). Cette forme d'architecture demande de l'habileté et se trouve particulièrement adaptée aux milieux pauvres en bois d'où une assez grande densité d'habitats troglodytiques en milieu aride ou dépourvus de forêts en raison de la fraîcheur du climat ou encore de la surexploitation de leur écosystème.

Les habitats construits ou creusés (cités, casemates, etc.) constituent des structures communes pour la vie souterraine élaborées à partir de techniques minières, parfois très anciennes. Ces habitats peuvent être très profonds et comporter des kilomètres de galeries et des dizaines d'étages.

La grande diversité des formes du patrimoine rupestre témoigne de la capacité de l'homme à s'adapter à son environnement.

Les matériaux dans lesquels sont établis ce type d'habitats sont assez variés, la position topographique également, en versant de vallée, en falaise ou escarpement, à la surface d'un plateau, etc.

Les formes karstiques de par leur nature sensible à la dissolution ont toujours offerts aux hommes de toutes les époques des cavités plus ou moins profondes et lui ont ouvert l'accès au monde souterrain (chtonien).

Les conditions naturelles climatiques et géologiques (lithologie et structure) constituent également des contraintes voire des risques quant à la pérennité et la salubrité de cet habitat. Il s’agit des infiltrations, remontées capillaires, ruissellement, gélifraction, décompression de la roche, fontis et foisonnement. Un fontis constitue un effondrement généralement localisé. La pression des terrains de recouvrement ou la circulation d’eau peuvent provoquer la détérioration du ciel et des piliers de soutènement (voir également la géomorphologie du karst ou du pseudokarst).

De l'habitat nomade, temporaire, du Paléolithique dans les sites de refuges naturels (grottes et abris sous roches), l'homme se sédentarisant est passé à un mode généralement plus pérenne et construit ou creusé. On évalue à quelque 25 000 le nombre d'habitants de maisons troglodytiques en France au début du XXe siècle.

Une étude réalisée dans le Chinonais (Indre-et-Loire) a mis en évidence les différentes phases du passage d'une habitation troglodytique à une habitation indépendante hors sol. Il y eut tout d'abord des grottes naturelles qui servirent simplement d'abris aux premières populations (exemple : le coteau Sainte-Radegonde à Chinon). Puis on aménagea certaines grottes en y ajoutant un mur de façade en tuffeau percé de deux ouvertures (la porte et la fenêtre), voire, parfois, en y installant une cheminée : ce sont les « caves demeurantes ». Au stade suivant, on adossa une maison au rocher en érigeant trois murs (deux pignons et une façade) en avancée : la « cave demeurante » devient soit une pièce annexe de l'habitation, soit une cave à vin. Étape ultime, la maison se détache complètement du rocher et seule la cave reste troglodytique[15].

Les quèbes ou quèves (du béarnais quèba) de la vallée d'Ossau dans les Pyrénées-Atlantiques étaient des anfractuosités sous rocher sommairement aménagées comme abris temporaires par les bergers dans les pâturages d'estive. Une soixantaine de ces cavités ont été inventoriées par l'ethnologue Jean-Pierre Dugène[16]. La quèbe pouvait être fermée par un mur de protection en pierre sèche, avec éventuellement un trou d'évacuation pour la fumée du foyer et une niche en guise de placard. À défaut de muraille, une toile de marine, maintenue au sol par des piquets, venait bâcher l'anfractuosité. Sous la roche exiguë, une pierre faisait office de siège et quelques peaux de mouton étendues au sol servaient de matelas. Certaines quèbes étaient de simples postes de surveillance pendant la journée ou de repli en cas de tempête au printemps et à l'automne. Enfin, certaines cavités servaient de saloirs à fromages[17].

Grotte servant d'espace de stockage, Yport, falaise d'Aval, Normandie.

Traditionnelle maison-grotte et bergerie, famille Wang (王家大院), Lingshi, Province du Shanxi, Chine.

Femme Bozo dans son habitation souterraine, village Bozo, 1972, Mopti, Mali.


Petite église rupestre dédiée à la Vierge, Cantabrique.

Monastère Sihla, Roumanie.

Baptistère de l'abbaye de Marmoutier avec piscine d'immersion et puits, 1911[31].

Autel à Bouddha dans la grotte du bas de Pak Ou, Laos.

Tombes lyciennes, Turquie.

Tombe thrace, Benkovski, Kirkovo, Bulgarie.

Tombes troglodytiques du prieuré de Carluc, Alpes de Haute-Provence, France.


Outre l'originelle situation de refuges, de protection contre un ennemi, il peut s'agir de constructions ayant un but de protection contre la dureté du climat comme la ville souterraine de Coober Pedy en Australie évitant la chaleur torride de l'Outback ou la maison-grotte traditionnelle chinoise, le yaodong[33]. Une des caractéristiques de cet habitat est une température tempérée et relativement constante[34].

Comme dans le passé, l'habitat peut être complètement souterrain ou en partie avec une part traditionnelle en applique ; l'habitat est alors semi-troglodytique, avec un toit en façade.

La législation française concernant l'habitat troglodytique est en construction[35]. Dans le bassin de la Loire par exemple, il n’y a plus de creusement d’espaces troglodytiques mais une réhabilitation des caves du XVIIIe et XIXe siècles. Si un permis de construire n'est pas toujours nécessaire, l’opération de réhabilitation peut devenir assez compliquée du point de vue réglementaire. En amont de la demande de permis de construire, le plan local d'urbanisme (PLU), propre à chaque commune, définit les conditions de prévention des risques (le plan de prévention des risques : PPR) et impose des mesures et contraintes en conséquence ; il se peut ainsi que le creusement du fond de la cave ne soit pas permis ou qu'une interdiction d’aménagement soit appliquée en raison de possibles mouvements de terrain. Certains centres historiques comme Amboise ou Chinon sont concernés par des plans de sauvegarde. Lorsque la réhabilitation du site troglodytique est possible, une expertise par un géologue est nécessaire. À la différence d'un habitat classique, les travaux de rénovation ne nécessitent pas toujours la demande d’un permis de construire selon la surface concernée. Lorsque l'usage du lieu est modifié (d'une cave à un habitat), la transformation requiert un permis de construire.

Le patrimoine troglodytique s'inscrit dans le cadre plus large de protection de l'héritage architectural et paysager. C'est un patrimoine universel souvent prestigieux et dès 1995, onze sites sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco[36]. Le patrimoine troglodytique raconte toute une histoire du terroir, du souterrain refuge à la seigneurie.

Il s'agit par exemple en France, de sortir le troglodytisme de son confinement dans la perspective des circuits touristiques et cela passe par exemple par :

L'habitat troglodytique participe alors au développement des territoires par sa réintroduction dans les circuits économiques[37].

La modification de regard vers le patrimoine, et en particulier le patrimoine troglodytique, traduit plus que l'attrait envers les sites touristiques, au-delà de l'intérêt pittoresque et distractif de vestiges du passé.

En France comme dans de nombreuses autres régions du monde, le tourisme troglodytique est bien développé sous forme d'animations muséologiques, de gîtes, d'hôtels, etc. Dans l'optique de réactualiser cet héritage, le tourisme du patrimoine ne semble pas concerner une grande part des populations locales (selon Edouard Segalen[38], seulement 8 %). Les grottes italiennes de Matera, lieux d’isolement érémitique au Moyen Âge deviennent au XXe siècle, des lieux de grande difficulté sociale puis se transformant au siècle suivant, les sassi deviennent lieux de villégiature, etc.

À l'instar de l'outback australien où l'extraction de l'opale devient une attraction touristique en même temps que la ville souterraine de Coober Pedy où les prospecteurs souffrant de la chaleur s'y réfugiaient[39] d'autres sites voient leur fonction initiale se transformer en destination touristique. Les classements sur les listes patrimoniales contribuent à cette mutation économique. On mise de plus en plus sur ce type d'attractions ludiques et pédagogiques.

En Tunisie, le tourisme traditionnellement balnéaire se tourne vers les importantes potentialités touristiques de la chaîne des matmatas dans le Sud-Est (habitat troglodytique horizontal et vertical, ksour et villages berbères, associés à la variété des paysages). Comme ailleurs, une multitude d’acteurs et de projets s'inscrivent dans un développement touristique souhaité comme durable (soutenable) et qui assure le soulèvement des économies locales, la préservation des écosystèmes et la sauvegarde de l’identité culturelle et des intérêts des populations locales (permettant notamment la sauvegarde d'habitats à l'abandon). Les aménagements recouvrent des questions de valorisation paysagère et naturaliste en passant par les aménagements hydrauliques et le développement de produits du terroir[40],[41].

La Cappadoce au cœur du plateau anatolien se caractérise par une identité architecturale dans un contexte d'érosion de matériaux volcaniques ; elle est connue pour ses églises rupestres, ses villes souterraines et ses habitations troglodytiques et voit chaque année plus de trois millions de touristes (le parc national de Göreme et sites rupestres de Cappadoce est inscrit au patrimoine mondial depuis 1985). Le patrimoine culturel est un enjeu majeur de la visibilité, de l’attractivité touristique et du développement des territoires. Plusieurs facteurs ont contribué à revaloriser ce patrimoine anatolien comme le développement du tourisme rural. Cependant, comme dans d'autres régions du monde, la complexité des aspects se révèlent. Le tourisme favorise la sauvegarde du patrimoine et celui-ci est la source majeure du tourisme. Lorsque le milieu est sensible, les aspects négatifs se font fortement sentir et nécessitent des mesures d'aménagement et de contingentement[42].

Les espaces urbains souterrains actuels continuent de présenter des fonctions d’abri, de refuge, de défense, l’envers de la ville en continuité ou en complémentarité, des catacombes aux parkings, centres commerciaux ou cinémas, ou encore aux abris antiaériens et antiatomiques. De nouvelles fonctions apparaissent : de relégation de populations indésirables, d’évacuation d’activités consommatrices d’espace comme les transports, des flux dangereux ou indésirables comme les eaux usées, les déchets, l'électricité, le gaz, etc. Ce monde souterrain contemporain constitue un ensemble d'espaces construits ou abandonnés sous la surface des villes actuelles - underground[43]. Concept inventé par les français, puis en partie abandonné, la ville souterraine a fait ses preuves à Tokyo, Montréal, Helsinki[44] et Kansas City, etc. Amsterdam prépare une cité souterraine pour 2018.

Les usages se sont diversifiés à travers les époques : carrières, fermes souterraines, caves, pigeonniers, lieux de rencontres, centres commerciaux, cités, stockage (Cf. la banque de graines du Spitzberg), etc. Dans le contexte de développement durable et de préoccupations écologiques, l'abri troglodytique séduit par son caractère solide, étanche, isolé, extensible, relativement peu coûteux (fonction des techniques minières et de conservation employées). L'habitat troglodytique comme celui en terre respire.

N'étant pas définis comme habitat, les réhabilitations des espaces troglodytiques sont encadrées outre les avis des communes, mais également le code civil qui régit le droit du sol, le code de la construction et celui de la propriété.

Les technologies actuelles permettent d'envisager de nouvelles installations sous terre. La lumière naturelle peut être dirigée dans les espaces de vie par des tubes de lumière. Les murs dotés de vastes écrans plats pourront afficher des paysages.

Carte postale du Joralemon Street Tunnel sous la ville de New York, East River (Source : American Heritage).

Batterie d'Illowra, Kembla Fortress, défenses de la Seconde Guerre mondiale, Australie.

Kembla Fortress, défenses de la Seconde Guerre mondiale, Australie.

Earth house estate, Dietikon, Suisse, de Peter Vetsch.

Earth house de Peter Vetsch.


Sans vouloir être exhaustif, quelques exemples complètent les cas développés précédemment en une ébauche de la géographie du troglodytisme.

Intérieur berbère troglodytique à Matmata, Tunisie.

Hôtel Sididriss, habitat berbère troglodytique de Matmata, Tunisie.

Habitat berbère en grotte troglodytique à Maafa, les Aurès, Algérie.

Les balcons de Ghoufi dans les Aurès, Algérie.

Maisons troglodytiques, Tellem de la falaise de Bandiagara, Mali.

Escarpement de Bandiagara, Mali : un contexte sahélien.


Village troglodytique de Kandovan, Iran.

Kandovan, Iran.

Village troglodytique d'Uçhisar en Cappadoce, Turquie.

Üçhisar, Cappadoce.

La vallée des pigeons, Cappadoce.

La vallée des pigeons, creusée dans l'ignimbrite.


Hampi, Karnataka state, Inde.

Grottes de Longmen, Luoyang, Henan, Chine.

Temple Fengxian : grotte du Grand Buddha, grottes de Longmen.

Buddha Shakyamuni, grottes de Longmen.

Luoyang, Henan, Chine.

Yaodong, Shanxi, Chine.

Reste d'occupation troglodytique à Guyaju, district de Yanqing.

Mao Zedong dans un habitat troglodytique en 1938.


L'habitat troglodytique américain concerne les peuples sédentaires amérindiens et la société moderne qui développe pour des raisons foncières plus que climatiques un habitat souterrain au sens large.

Ancien village troglodytique de Cliff Palace, Parc national de Mesa Verde, Colorado.

Tower House, Mesa Verde.

Round tower, Cliff Palace, Mesa Verde (photo Ansel Adams, 1941).

Bandelier National Monument, Nouveau-Mexique.

Bandelier national monument, Nouveau-Mexique : habitat anasazis.

L’arche de Jenolan caves, Nouvelle-Galles du Sud, est l’une des nombreuses voies d’accès.

Kiva du Grand Gulch Archeological District, de plan circulaire et semi-enterré, utilisé par les Pueblos.


L'utilisation des cavités naturelles, plus ou moins aménagées, est traditionnelle dans le monde polynésien, que ce soit comme habitat, ou comme usage pastoral ou religieux.

La grotte d'Ana Kai Tangata (ana signifiant grotte) présente des traces du culte de l'homme-oiseau (« grotte manger homme » : la grotte où mangeaient les hommes, ou bien, la grotte où l'on mangeait des hommes ?). Les Pascuans taillaient parfaitement les matériaux volcaniques de Rapa Nui (île de Pâques). Les clans organisés en villages autour de l’ahu couronné par les moaï occupaient des maisons de type troglodytique étaient faites de pierres plates empilées et adossées au versant du volcan, en partie enterrées.

Dans une communication adressée à la Société de géographie en 1878, A. Pinart relate : « nous vîmes que les naturels ont coutume d’y chercher un abri lorsqu’ils viennent dans ces parages. L’une de ces grottes contenait un squelette encore enveloppé de ses nattes et plusieurs crânes »[58].

En Australie, avant l'installation de la cité minière de Coober Pedy dans le désert central, les grottes ont été utilisées par les peuples Aborigènes, puis les bushrangers (hors-la-loi) et enfin dévolues au tourisme.

Geulhem, Limbourg, Pays-Bas.


Grotte du château de Predjama, encre de Chine de Franz Kurz zum Thurn & Goldenstein, 1850.

Deux étages de caves à Cherkes-Kermen (Crimée), carte postale vers 1910.

Eski-Kermen, Crimée.

Monastère troglodytique de Saint-Clément à Inkerman, Crimée.


Maisons troglodytiques à Setenil de las Bodegas, Espagne.

Maisons troglodytiques à Purullena, Espagne.

Village troglodytique de Matera, Italie.


En France, l'habitat troglodytique est particulièrement bien représenté et a toujours été occupé dès la préhistoire en Dordogne par exemple, ou plus particulièrement à diverses époques dans le val de Loire, en Anjou, en Touraine et en Saumurois, dans la vallée crayeuse de la Seine. Les sites sont anciens ou très récents, sommaires ou élaborés comme à Aubeterre-sur-Dronne ou à Montsoreau, deux des plus beaux villages de France, en Charente ou ponctuels comme en Provence à Bollène (Vaucluse) ou aux Baux-de-Provence.

Grottes de Jonas : fresques de la chapelle creusée dans un matériau volcanique, occupation de l'époque celtique (400 av. J.-C.) au XIIe siècle, Puy-de-Dôme.

Abri de charbonniers, gorges de Colombières, massif du Caroux, Hérault.

Habitations troglodytiques de Belvès en Périgord Noir.

Étable troglodytique à Louresse-Rochemenier.


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Galerie à Geulhem, Limbourg, aux Pays-Bas.
La House of Many Windows, au Colorado, aux États-Unis.
L'homme des cavernes (The cave boy of the age of stone, Margaret A. McIntyre, ca. 1923 [38]).
Tombes rupestres toraja fermées par des planches et poupées à l'effigie des défunts (tau-tau), Indonésie.
Pétra, la capitale nabatéenne, Jordanie.
Communauté juive troglodyte de Tigrina (Érythrée), 1943.
Square Tower House, dans le comté de Montezuma, au Colorado.
Église orthodoxe serbe de Coober Pedy, Australie.
Numby Numby sinkhole, Borroloola, Territoire du Nord, Australie.