Loir-et-Cher

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Le Loir-et-Cher (/lwa.ʁe.ʃɛʁ/[Note 1]) est un département français situé dans la région Centre-Val de Loire. Son nom provient de deux rivières le traversant, le Loir au nord et le Cher au sud. Sa préfecture est Blois. L’Insee et la Poste lui attribuent le code 41.

Le territoire a été habité dès les temps préhistoriques, mais il existe peu de traces écrites de cette époque. Néanmoins, des fouilles archéologiques menées en 2013 par l’INRAP ont montré que la rive gauche de Blois était occupée par des Carnutes dès le IVe siècle avant notre ère[1], avant que les Romains ne conquièrent la Gaule au -Ier siècle. Un premier comté est créé après l’invasion du Blésois vers l’an 486.

C’est du Moyen Âge que datent les premiers efforts d’organisation locale : de nombreux châteaux et places fortes sont érigés pour permettre aux habitants de résister aux invasions successives des Normands, Bourguignons, Anglaisetc.

L’économie est assez florissante : commerce dans les vallées, agriculture en expansion dans la Beauce et le Perche et jusqu’en Sologne, qui connaît une relative prospérité jusqu’au XVIIe siècle.

Toutefois, politiquement, la région demeure écartelée entre les comtés et duchés voisins. En 1397, le comté de Blois entre en propriété de la maison d’Orléans. En 1498, Louis d’Orléans (23e comte héréditaire de Blois) monte sur le trône de France, sous le nom de Louis XII : c’est le point de départ de l’importance de Blois et du Blésois dans la vie politique française, notable précisément sous les derniers Valois (1515-1589).

Rois et grands financiers rivalisent alors pour construire châteaux et demeures élégantes qui, par leur nombre, leur importance et leur intérêt, se placent aujourd’hui au premier plan du patrimoine national : Chambord, Blois, Chevernyetc.

Les guerres de religions suivront, avec une réelle férocité, sous Charles IX.

En 1576 et 1588, les États généraux sont réunis à Blois.

Sous la Révolution française, la naissance du département de Loir-et-Cher est laborieuse et difficile. Dans son rapport du , le Comité de constitution avait prévu d’attribuer à la ville de Blois l’un des 80 départements. Mais les prétentions des villes voisines se révèlent, en premier lieu celles des chefs-lieux de généralités, Tours et Orléans. À l’intérieur même du département, Montrichard se tourne vers Amboise et Tours, Saint-Aignan veut se rattacher au Berry et Salbris à Vierzon. Finalement, Orléans abandonne à Blois une grande partie de la Sologne tout en conservant Beaugency tandis que Tours refuse de céder Amboise. Le département est créé, le en application de la loi du , à partir d’une partie des anciennes provinces de l’Orléanais et de la Touraine ainsi qu’une parcelle du Berry (rive gauche du Cher de Selles en Berry devenue Selles-sur-Cher à Saint-Aignan). Ces vicissitudes expliquent l’étranglement du département en son milieu et l’étirement maximum de sa surface au-delà du Loir au nord et du Cher au sud.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes prussiennes de à [2].

La révolution de ne suscite pas de troubles particuliers ; le préfet Albert-Magdelaine Claude, comte de Lezay-Marnésia, annonce l’installation du gouvernement provisoire lequel le remplace par Germain Sarrut, un républicain démocrate admirateur de Proudhon. Germain Sarrut a été professeur au Collège de Pontlevoy en 1822 avant de partir à Paris pour devenir avocat.

Sous la pression de la bourgeoisie locale qu’effraie le socialisme de Sarrut, le gouvernement renvoie Sarrut en invoquant une faillite commerciale en 1845, indigne d’un bon républicain, et le remplace par Ducoux, un notable Blésois.

Ducoux continue la faible épuration initiée par Sarrut : 26 maires, 15 adjoints, 7 juges proches de la monarchie de juillet sont remplacés par des notables. De plus, pour implanter la république dans le département, il publie Le catèchisme républicain ou manuel du peuple.

Les élections législatives du - donnent lieu à une participation importante dans le Loir-et-Cher ; sur 68 677 inscrits, on compte 61 700 votants soit 10 % d’abstention malgré une faible campagne électorale et des bureaux de vote qui se situent au chef-lieu de canton. Les résultats sont sans surprise : 5 des 6 députés élus (Ducoux, Durant, Normant, Gérard, Salvat) appartiennent à l’opposition bourgeoise de la monarchie de juillet, seul Germain Sarrut représente les républicains démocrates.

Les élections municipales (-) et du conseil général () sont marquées par une très forte abstention et une forte stabilité dans les résultats ; les journées de ne semblent pas avoir affectées les résultats.

Il n’en est pas de même des élections présidentielles du , qui sont un désaveu pour les notables qui avaient appelé à voter Cavaignac. Le Loir-et-Cher vote massivement pour Louis Napoléon Bonaparte (67 % des inscrits) contre 8,5 % pour Eugène Cavaignac et 4 % pour Ledru Rollin. Lamartine obtient un peu plus de 100 voix, Raspail 59 voix. En effet, Louis Napoléon bénéficie du vote de la paysannerie (80 % de voix dans le Canton de Mondoubleau, 76 % à Lamotte Beuvron) mais également, dans une moindre mesure, de celui des cantons urbanisés (60 % de voix). Seul point de résistance, le canton de Saint Aignan qui ne donne pas la majorité à Louis Napoléon (42 %) et fait émerger la candidature de Ledru-Rollin (27 % des voix). Cette singularité est due à l’implantation à Saint-Aignan de la Solidarité Républicaine, organisation née à Paris en sous l’impulsion de républicains démocrates dont Sarrut.

Les élections législatives du donnent également des résultats discordants par rapport aux élections précédentes :

La période qui suit cette élection est une période de répression pour le mouvement républicain, surtout à partir des manifestations parisienne du . Elle se traduit dans le Loir-et-Cher par l’annulation de l’élection de Sarrut. Cette annulation provoque un nouveau vote le qui oppose Sarrut, Ducoux et le candidat bonapartiste, le Vicomte de Clary. C’est ce dernier qui l’emporte avec une faible avance sur Sarrut (1 000 voix) et un fort taux d’abstention (55 %). Mais cette répression montre ces limites : lors de l’élection du visant à remplacer le député Cantagrel en fuite à la suite de la manifestation du , le candidat fouriériste Etchegoyen l’emporte sur le candidat bonapartiste Crosnier avec une forte participation 72,26 %.

Le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte ne provoque pas de manifestation dans le Loir-et-Cher mais, dès le , des arrestations ; au total 137 personnes sont arrêtées dont 21 sont déportées à Cayenne et en Afrique, 9 sont expulsées de France et 12 sont internées. Ces arrestations préparent le plébiscite du qui valide le coup d’État du futur Napoléon III : 85 % de participation dont 77 % de Oui contre 7,3 % de Non. Les seules poches de résistance sont le canton de Marchenoir (22 %), lié aux votes des bucherons, Mer (14 %), Blois(13,5 %), Vendôme (14,5 %).

On peut citer parmi les personnages célèbres liés à l’histoire du département : François Ier, Gaston d’Orléans, le maréchal Maunoury et l’abbé Grégoire (évêque de Blois, élu député à la Constituante).

Le département de Loir-et-Cher fait partie de la région Centre-Val de Loire. Limitrophe des départements d’Eure-et-Loir, du Loiret, du Cher, de l’Indre, d’Indre-et-Loire et de la Sarthe, il est situé au centre-ouest de la France .

Le département de Loir-et-Cher a une superficie de 6 343 km2 qui le place au 31e rang national. Il bénéficie d’une situation géographique privilégiée, au cœur de la région Centre-Val de Loire et au sud du Bassin parisien. L’axe ligérien, vivant et dynamique, rapproche Blois, préfecture du département, des deux grandes agglomérations voisines, Orléans (capitale régionale et préfecture du Loiret) et Tours (préfecture d’Indre-et-Loire).

Situé aux confins du Perche, de la Beauce, de la Sologne et de la Touraine, le Loir-et-Cher trouve son identité territoriale dans la diversité de ses paysages. Parcouru en son centre par la Loire, il est aussi traversé par deux rivières importantes qui lui donnent son nom, le Loir au nord-ouest et le Cher au sud, qui constituent des foyers majeurs de population hors de l’agglomération blésoise. Le département se caractérise aussi par de nombreux étangs principalement localisés en Sologne.

Contrasté dans ses paysages de par sa géodiversité, le Loir-et-Cher possède également une remarquable biodiversité et un réseau hydrographique cumulant plus de 4 000 kilomètres de cours d’eau.

Un étang de la Sologne entre Lassay-sur-Croisne et Pruniers-en-Sologne, dans le sud-est.

Troo, dans le nord-ouest.

Vignoble de la vallée de la Loire, dans le centre.

Le Loir-et-Cher est un département de plaine dont le point culminant (256 m) est à Bouffry (la table d’orientation est à la sortie du bourg de Fontaine Raoul sur un domaine appartenant à Bouffry). Les principales vallées du département se concentrent le long du fleuve Loire (entre Rilly-sur-Loire et Avaray, en passant par Blois ou Chaumont-sur-Loire), du Loir (entre Montoire-sur-le-Loir et Morée en passant par Vendôme), et du Cher (entre Saint-Georges-sur-Cher et Mennetou-sur-Cher, en passant par Montrichard). Le reste du département est relativement plat, en Sologne ou en Beauce.

Le sous-sol du Loir-et-Cher est uniquement constitué de roches sédimentaires âgées du Mésozoïque (Crétacé), du Cénozoïque (Paléocène au Pliocène) et du Quaternaire. Le Loir-et-Cher occupe une partie du Bassin parisien, l’un des trois bassins sédimentaires en France.

Les régions naturelles du Loir-et-Cher sont largement liées à la nature du sous-sol. Ainsi, le Val de Loire est occupé par les alluvions quaternaires déposées par le fleuve éponyme. La forêt de Sologne repose sur un sous-sol argilo-sableux formé du Miocène au Pliocène (formation des Sables et argiles de Sologne), ainsi que sur des alluvions quaternaires des hautes terrasses. À Pontlevoy et Contres, des sables fossilifères marins, les Faluns du Blésois, se sont formés au cours du Langhien. La Beauce, vaste région agricole, voit affleurer les formations lacustres du Calcaire de Beauce (Aquitanien), du Calcaire d’Etampes (Rupélien) et du Calcaire de Touraine (Lutétien-Priabonien). La fertilité du grenier de la France est assurée par une mince couche de lœss (jusqu’à 1 m) déposée lors des différentes périodes glaciaires/interglaciaires du Quaternaire.

Le sous-sol de la Gâtine beauceronne est composé de sables, d’argiles et de conglomérats, des roches siliceuses et argilo-siliceuses formées par l’altération de roches plus anciennes au cours du Paléocène et de l’Eocène. Ces roches, peu propices à la culture, affleurent aussi dans les Gâtines tourangelle et berrichonne et dans le Perche. Le long des vallées du Loir et du Cher, des calcaires crayeux et des calcaires plus ou moins siliceux (tuffeau) âgés du Turonien au Campanien affleurent et ont largement été exploités en carrières (ex. tuffeau blanc de Bourré). Au sud de Mennetou-sur-Cher et dans le Perche (ex. vers Sargé-sur-Braye), les sables des formations des Sables du Perche et des Sables de Vierzon affleurent difficilement. Ces roches d’origine marine datent du Cénomanien. Les roches les plus anciennes du Loir-et-Cher sont des argiles sableuses et des marnes formées au cours de l’Albien, qui affleurent sur la commune de Maray[3],[4],[5].

Le Loir-et-Cher est recouvert pour un tiers de sa superficie de forêts et milieux semi-naturels (arbustes, espaces ouverts). Il est le département le plus boisé de la région.

Avec 4,1 % d’artificialisation[6], le département est proche de la moyenne régionale (4,4 %), le Centre-Val de Loire restant une des régions les moins artificialisées de France en 2018. Sur la période 2012 - 2018, l’artificialisation s’est stabilisée sur le département. Néanmoins, d’après les fichiers fonciers, une des 6 communes de la région concernées par des flux de plus de 100 hectares sur la période 2009-2018 est située sur le département : Le Controis-en-Sologne[7].

Les principales communes de Loir-et-Cher sont :

Le Loir-et-Cher regroupe traditionnellement les dix petites régions agricoles du département en quatre sous-ensembles :

La diminution continue du nombre des actifs agricoles depuis plusieurs années[Quand ?] se traduit à la fois par un accroissement progressif de la taille des exploitations, notamment dans les zones d’élevage et de grandes cultures du Perche et de la Beauce et, au sud de la Loire, par une tendance à la désertification.

Dans ce cadre, les principales caractéristiques de l’agriculture de Loir-et-Cher sont les suivantes :

Le secteur secondaire s’appuie sur des filières privilégiées :

Le Loir-et-Cher possède plusieurs branches du tertiaire développées :

En 2019, le département comptait 329 470 habitants[Note 2], en diminution de 0,76 % par rapport à 2013 (France hors Mayotte : +2,17 %).

La catégorie des plus de 60 ans progresse plus vite que les autres tranches d'âges. Le taux de fécondité du département (48,5 naissances pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans) est légèrement supérieur au taux régional, mais inférieur de 1 point à la moyenne nationale.

En 2019, la densité de la population dans le Loir-et-Cher (51,9 habitants par km2) est très inférieure à la moyenne nationale (105,9 habitants par km2). L’armature urbaine s’appuie sur trois villes moyennes (Blois = 45 898 habitants, Vendôme = 15 856 habitants et Romorantin-Lanthenay = 17 924 habitants en 2019) et sur un maillage de pôles secondaires et de bourgs centres qui structurent la vie locale. Les aires de population stable ou croissante correspondent à ces trois centres urbains.

Le département est avant tout tertiaire, mais encore agricole et très industrialisé. La répartition de l’emploi salarié est la suivante (source INSEE, 31/12/1997) :

Le secteur tertiaire continue à progresser sans pour autant atteindre les valeurs régionales et nationales. Le secteur secondaire reste sensiblement supérieur à la moyenne nationale et se situe au deuxième rang de la région Centre. L’agriculture représente toujours une part significative de l’économie.

Les habitants de Loir-et-Cher sont les « Loir-et-Chériens ».

Le poète Pierre de Ronsard, l’inventeur Denis Papin et l’historien Augustin Thierry sont originaires du département.

Sur le plan artistique, peut également être cité le compositeur Antoine Boësset (1587-1643), musicien à la cour de Louis XIII, qui fut surintendant de la Musique de la Chambre du roi de 1623 à 1643.

Le département de Loir-et-Cher est connu en France notamment grâce à la chanson de Michel Delpech écrite en 1977 « Le Loir-et-Cher » qui a connu un succès fulgurant à cette époque, et qui décrit les rapports du chanteur avec sa famille, qui habite ce département. On le retrouve également cité dans la chanson John de Desireless comme symbole d’espace rural banal.

Le Cœur Val de Loire, nom de destination touristique de Loir-et-Cher, a la plus forte spécificité touristique de la région Centre. Le département abrite ainsi plus d’un millier d’établissements touristiques.

En plus d’un patrimoine naturel important, le Loir-et-Cher compte :

Le ZooParc de Beauval à Saint-Aignan avec 1 001 889 visiteurs en 2012 est le lieu le plus visité de la région devant les châteaux de Chenonceau et de Chambord (775 744 visiteurs en 2012)[12].

Selon le recensement général de la population du , 8,8 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes de Loir-et-Cher dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Sources :

Le Loir-et-Cher est divisé en 3 circonscriptions électorales envoyant un député à l’Assemblée nationale :

Sur les autres projets Wikimedia :

Le Loir-et-Cher et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : l’Orléanais, le Berry, la Touraine, le Perche et le Maine.
Carte du Loir-et-Cher.
Topographie du Loir-et-Cher.