Lubumbashi

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Lubumbashi est, selon les estimations, la deuxième ou troisième ville de la République démocratique du Congo quant au nombre d'habitants, titre disputé avec Mbuji-Mayi. Elle est devancée par Kinshasa. Lubumbashi était le chef-lieu de la province du Katanga (temporairement Shaba sous le règne de Mobutu) jusqu'en 2015. Elle devient ensuite le chef-lieu de la province du Haut-Katanga.

Lubumbashi est aussi appelée capitale du cuivre[1].

Fondée en 1910 par les Belges sous le nom d'Élisabethville ou Elisabethstad (d'après Élisabeth en Bavière, devenue reine des Belges)[1], souvent abrégée en « E'ville »[2], la ville fut renommée Lubumbashi en 1966. Elle fut aussi la capitale de l'éphémère État autoproclamé du Katanga (1960-1963), né sous l'impulsion de Moïse Tshombe.

Elle est le siège de plusieurs grandes sociétés congolaises, ou à capitaux étrangers, dont la Société nationale des chemins de fer du Congo, la Gécamines, Rwuashi Mining et KICC (Metorex Group companies), Anvil Mining sprl (Mawson West RDC), Société de Traitement du Terril de Lubumbashi (STL), Tenke Fungurume Mining (Freeport MacMoran), Phelps Dodges RDC, ou encore le groupe George Forrest[réf. nécessaire].

La prison de Kasapa est située au nord de Lubumbashi, actuellement non loin des nouveaux lotissements attribués à leurs nouveaux acquéreurs, se retrouvant ainsi trop rapprochée de la ville et de son peuple. Cette prison est recensée parmi les plus grandes prisons du pays avec une importante population carcérale. Ensemble avec la prison Centrale de Makala à Kinshasa et celle de Buluwo à Likasi, elles sont réputées comme étant les plus sécurisées de la République démocratique du Congo[réf. nécessaire].

L'actuelle ville portait le nom d'Élisabethville (Elisabethstad en néerlandais) avant de devenir Lubumbashi. En 1910, le prince héritier Albert visite la mine de l'Étoile, et sa région[3]. C'est à cette période que l'on commence à parler d'Élisabethville. La ville conserva ce nom (abrégé familièrement en E'ville par les habitants) jusqu'au [4].

Lubumbashi tire son origine du nom de la rivière au bord de laquelle elle avait été fondée. À l'occasion de la politique et philosophie de retour à l'authenticité prônée par le président Mobutu, la ville — jadis Élisabethville — porte le nom de Lubumbashi à partir de 1966.

La ville n'existe pas comme telle au XIXe siècle, bien que le site de Lubumbashi ait été occupé avant la colonisation.

À cause de sa situation géologique, à en croire le rapport de Jules Cornet qui laisse entrevoir la grande richesse du sous-sol, l'actuelle région du Haut-Katanga reçoit des visiteurs-prospecteurs des quatre coins de l'Europe. En 1906, une société est constituée à Bruxelles pour assurer la mise en valeur des richesses du sol et du sous-sol. C'est l'Union minière du Haut Katanga (UMHK), actuelle Gecamines. L'exploitation de la mine de l'Étoile commence. Le minerai de cuivre y est présent en grande quantité.

Pour des raisons propres à l'entreprise, elle décide d'installer une fonderie près des chutes de la Lubumbashi (qui lui fournit de l'eau en très grande quantité, les chutes étant de surcroît une source d'énergie possible). L'emblématique cheminée est construite. De cette fonderie, sortent des lingots de cuivre.

La nécessité d'être avec un connaisseur se fait sentir. Le major ingénieur Émile Wangermée connaît bien le pays et se voit directement attribuer la mission de créer la nouvelle ville. Il choisit l'endroit : près de la mine de l'Étoile et près de l'Union minière du Haut Katanga. Il est considéré comme le fondateur de la ville.

Le personnel de la mine logeait dans les environs immédiats, dans des paillotes. À une quinzaine de kilomètres de là, se développent, dans des huttes, les services administratifs, la poste, les finances, la justice. L'atmosphère qui y règne est celle du Far West.

En 1909, la ville est créée sur papier : un quadrilatère de 20 kilomètres carrés de forêts. Il faudra défricher, araser des termitières, avec les moyens du bord[5].

Note : cette section est chronologique[5].

Désormais, la ville s'organise, prend de l'ampleur.

L'UMHK a besoin de beaucoup de main-d'œuvre. Des travailleurs forcés sont déportés de Rhodésie, d'Angola et du Kasaï (Balubas). Le rail apporte une foule d'aventuriers venus de Rhodésie et d'Afrique du Sud. Australiens, Grecs, Italiens, Portugais, Asiatiques, Anglais et Sud-Africains arrivent : la population s'agrandit. Elle atteignit plus de 30 000 en 1930. La population grecque est l'une des plus importantes, avec notamment des communautés juives séfarades italo-grecques ayant fui le régime de Mussolini entre les deux guerres mondiales (voir notamment Olivier Strelli et Moïse Katumbi Chapwe).

Après la Première Guerre mondiale, Élisabethville se développa rapidement grâce aux investissements dans l'industrie minière et les chemins de fer. Les missions et l'Église, dirigée par l'imposant Mgr Jean-Félix de Hemptinne (1876-1958), aussi étaient très actives. La population européenne habitait alors le centre-ville (Élisabethville), tandis que les travailleurs congolais étaient logés soit dans des camps de travailleurs près des mines, soit dans la cité indigène (quartier Albert — l'actuelle commune Kamalondo), qui était séparée de la ville par une zone neutre (inhabitée) de 700 mètres. Seuls les domestiques, travaillant dans les maisons des Européens, étaient autorisés de demeurer dans le centre-ville (en général ils habitaient les « boyeries », au fond des jardins des habitations européennes). Dès la fin des années 1920, confrontées à une véritable crise de la main-d'œuvre, les grandes compagnies européennes (Union minière du Haut Katanga, compagnie de chemin de fer BCK et autres) préconisaient une politique de stabilisation, c'est-à-dire ils encourageaient leurs travailleurs de se fixer avec leurs familles de manière permanente à Élisabethville.

La crise économique mondiale des années 1930 frappa Élisabethville — et tout le Katanga — durement, et la population diminua sensiblement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, par contre, Élisabethville profita de l'effort de guerre entamé par le gouvernement colonial. La population totale dépassa 50 000 en 1943. L'effort de guerre entraînait une exigence de rendement qui pesait lourdement sur la population congolaise entraînant une tension sociale et même interraciale (entre Noirs et Blancs, mais aussi entre les différentes ethnies congolaises). En , une manifestation des travailleurs de l'Union Minière au stade de football fut réprimée de manière violente par la police qui ouvrit le feu laissant plusieurs dizaines de morts. Et en février-, la situation dans la ville fut particulièrement tendue à la suite de la mutinerie de la Force Publique à Luluabourg (Kasaï).

Le développement de la ville continua après la guerre. La prospérité de l'industrie du cuivre attirait beaucoup d'immigrés de l'Europe et de l'intérieur de la colonie. La population bondit jusqu'à 180 000 en 1957. Pour accommoder cet influx, de nouveaux quartiers furent aménagés : le Kenia, Katuba, Rwashi…, qui encore aujourd'hui constituent les communes principales de la ville. Un effort considérable, de la part des missions et des autorités coloniales, multipliait les infrastructures sanitaires, médicales et scolaires mises à la disposition de la population blanche et noire (ex. des écoles professionnelles à Kafubu…). Dès 1950, les écoles secondaires, jusqu'alors réservées pour les étudiants européens, furent ouvertes à tous. En 1956, l'Université de Lubumbashi ouvrit ses portes.

Dès 1933, le gouvernement colonial entamait une expérience d'autonomie limitée pour la population congolaise de la ville. La cité indigène obtenait alors le nouveau statut d'un centre extra-coutumier, avec son propre conseil et son propre chef congolais. L'expérience ne fut pas couronnée de succès, en partie par cause des interventions continuelles des autorités coloniales dans la gestion du centre. Le premier chef — Albert Kabongo — fut remercié pour ses services en 1943 et ne fut pas remplacé. En 1957, le statut de centre extra-coutumier était aboli en faveur d'un nouveau statut de ville, dans lesquelles les différentes communes étaient intégrées. En ont eu lieu les premières élections pour la mairie d'Élisabethville dans lesquelles les habitants congolais pouvaient participer librement.

Au moment de l'indépendance, Élisabethville avait une importante population européenne (10 000+). L'industrie minière, avec au premier rang l'Union Minière du Haut Katanga, restait largement dans les mains des entrepreneurs belges grâce aux accords économiques conclus entre la Belgique et le Congo à l'aube de l'indépendance. En 1967, Mobutu nationalisa l'Union Minière et créa la Gécamines. Quoique la Gécamines restait l'employeur le plus important de Lubumbashi jusqu'au début des années 1990, la production diminuait d'année en année à partir des années 1970 à cause de la fluctuation du prix de cuivre sur les marchés internationaux, du manque d'investissements dans les installations et d'une mauvaise gestion, dont souffraient tous les secteurs de l'économie congolaise nationalisés par Mobutu. Après la chute du régime mobutiste et après la fin de la guerre congolaise au début des années 2000, Lubumbashi a connu un certain essor. L'industrie a repris et la ville continue à attirer un grand afflux d'immigrés. Elle compte aujourd'hui plus d'1,5 million d'habitants.

Les attractions de la ville incluent un jardin botanique, un zoo et le musée national archéologique et ethnologique régional de Lubumbashi . Tous les deux ans, la Biennale de Lubumbashi se déroule à travers la ville, présentant des œuvres d'artistes de la région. Dans une interview au magazine Ocula en 2019, la directrice artistique de la Biennale, Sandrine Colard, a expliqué: `` Le Congo est un pays perpétuellement en devenir. Toutes ces différentes périodes qui se fondent dans une même ville sont quelque chose que je voulais aborder. [7]

Bogumił Jewishiewicki dit que la création d'art contemporain de Lubumbashi est faible, surtout par rapport à Kinshasan. Il écrit, «Aucun peintre populaire de Lubumbashi n'a eu une carrière internationale comme celle de l'artiste kinshasa Chéri Samba, et il y a en fait un certain nombre d'artistes et de musiciens à Kinshasa que le tourbillon du succès international a propulsé plus loin du public local que n'importe quel artiste à Lubumbashi, et pas seulement à Lubumbashi, mais dans la province environnante du Katanga. » [2] Il nomme des peintres comme Pilipili, Mwenze, Angali, Nkulu wa Nkulu, Maka, Tshimbumba, Dekab et autres.

Ciné Bétamax, anciennement « Ciné Palace » et « Ciné Eden » [8] sont les seuls cinémas modernes de la ville. Ils montrent généralement des productions hollywoodiennes récentes ainsi que des films NC-17. Cependant, ils montrent également des films sur l'histoire récente congolaise et africaine comme Mister Bob , Sniper: Reloaded , SEAL Team 8: Behind Enemy Lines et Tears of the Sun. Avant les films, ils ont tous deux montré des clips congolais et internationaux, et la lutte américaine. Ciné Bétamax s'adresse principalement aux jeunes adultes de Lubumbashi. Les enfants sont exposés à d'énormes affiches NC-17, mais y pénètrent rarement. Le département de communication de l'Université de Lubumbashi a collaboré avec le cinéma pour montrer les films des étudiants.

Ciné Bétamax, en particulier, diffuse également de grands matchs de football, et des concerts de chanteurs locaux et des rencontres chrétiennes y sont régulièrement organisés. Partout dans la ville, en particulier dans les quartiers surpeuplés, sont réparties de petites pièces dans lesquelles les enfants sont exposés à des films violents du matin au soir.

Les films nollywoodiens du Nigeria sont également, comme dans de nombreuses autres parties de la RDC et de l'Afrique, populaires auprès des résidents. Ces films sont souvent vendus sur des plateformes VCD et DVD.

La musique populaire de Kinshasa est très appréciée et jouée à Lubumbashi. Jean-Bosco Mwenda est probablement le musicien katangais le plus célèbre. Beaucoup de ses chansons sont devenues classiques et sont sans cesse remixées par de nouveaux jeunes artistes. Les chanteurs modernes de Lubumbashi se répartissent en deux groupes: ceux qui jouent Soukous, tels que Jo Kizi et Képi Prince, et ceux qui jouent de la musique urbaine internationale, tels que Ced Koncept, Tshumani, M-Joe, RJ Kanyera, Oxygène, Agresivo, Nelson Tshi, et Da Costa de l'autre. La plupart des artistes sont influencés par les productions à succès de Dj Spilulu, les chanteurs de Kinshasa Fally Ipupa, Ferré Gola et World Music .

La musique de Lubumbashi se caractérise par l'utilisation de nombreuses langues (swahili, lingala, tshiluba, français et un peu d'anglais) dans les paroles. Il est rare d'entendre des chansons composées dans une seule langue. Ce changement de code et ce mélange expriment le caractère cosmopolite de la ville, mais certains critiques pensent qu'il affaiblit les paroles, qui semblent de toute façon particulièrement destinées aux adolescents. Serge Manseba et Karibyona sont des humoristes-chanteurs présentés par G'Sparks.

La ville abrite le Musée national de Lubumbashi.

La ville de Lubumbashi compte sur une économie majoritairement axée sur les activités minières des compagnies œuvrant dans les différentes villes du Katanga, qui de fait, possèdent presque toutes des bureaux officiels dans la ville. La masse monétaire influençant les activités économiques est principalement due aux revenus des travailleurs originaires de la ville qui vont travailler en dehors de la ville. L'agriculture ou l’élevage ne représentent pas une grande activité qui puisse jouer sur l'économie, par contre toutes les denrées sont importées des pays d'Afrique Australe, notamment la Zambie, l'Afrique du Sud ou encore la Tanzanie. Rendant également la ville dépendante de toute fermeture de frontière aux denrées alimentaires. Exemple du mois d' où le sac de farine, très apprécié des lushois, était passé à plus de 40 dollars US, au lieu des 12 à 16 dollars habituels.

La ville est reliée par le transport aérien avec l'aéroport international de Lubumbashi.

De plus, elle relie les villes de Pweto, Kalemie, Baraka et Bukavu par la route numéro 5 (RN5).

La ville est reliée par train avec la Société nationale des chemins de fer du Congo.

En 2005, la ville possède 143 écoles primaires, avec 119 184 élèves (presque autant de filles que de garçons). Le taux de scolarisation au niveau primaire est de 70 % à 90 % de 7 à 14 ans, et est plus faible dans les quartiers dits d'auto-construction et dans les villages citadins.

En 1998, les 92 écoles secondaires comptent 37 754 élèves, dont deux fois plus de garçons que de filles. Ses écoles sont surtout des lycées, collèges, instituts d'enseignement général et rarement des écoles techniques ou centres de formation professionnelle. Entre 60 % et 90 % de la population de 15 à 21 ans fréquentent ces écoles.

Établissements scolaires:

L'enseignement supérieur est dispensé par 6 institutions, comptant 6 900 étudiants.

La ville de Lubumbashi est divisée en sept communes dont une rurale :

En 1913, il y avait à Élisabethville 8 000 habitants, dont 7 000 Africains et 1 000 Européens[9]. En moins d'un siècle la population de Lubumbashi a dépassé le million d'habitants.

La ville de Lubumbashi compte plusieurs centres de santé :

La ville de Lubumbashi compte plusieurs clubs de football. Le plus célèbre, le TP Mazembe, a été sacré cinq fois champions d'Afrique ; il est le premier club non européen ou sud-américain à avoir accédé à la finale de la coupe du monde des clubs en 2010[réf. nécessaire]. Son président est depuis 1997 Moise Katumbi, l'ex-gouverneur de la province du Katanga.

Deux stades de football se trouvent dans la ville de Lubumbashi : le stade Frédéric-Kibasa-Maliba, d'une capacité de 35 000 places, et le Stade TP Mazembe, d'une capacité de 18 000 places.

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens : Archidiocèse de Lubumbashi (Église catholique), Église kimbanguiste, Communauté baptiste du Congo (Alliance baptiste mondiale), Communauté baptiste du Fleuve Congo (Alliance baptiste mondiale), Assemblées de Dieu, Province de l'Église anglicane du Congo (Communion anglicane), Communauté Presbytérienne au Congo (Communion mondiale d'Églises réformées)[12]. Il y a aussi des mosquées musulmanes.

Elle reçut ses premières armoiries le .

Elles étaient blasonnées comme suit : « D'argent au chevron de gueules, chargé d'une lettre majuscule romaine E sommée d'une couronne royale, le tout d'argent et accompagné de trois croisettes monétaires katangaises de gueules.

Devise : Ex imis ad culmina (des profondeurs vers les sommets), de gueules sur un listel d'argent. »[13]

Les croisettes monétaires katangaises rouges évoquent la richesse minière en cuivre du Katanga. Dans le même ordre d'idées, le chevron rouge pourrait symboliser une coulée de cuivre, à moins qu'il n'évoque l'extraction du minerai, comme pourrait le suggérer la devise qui signifie « des profondeurs vers les sommets ». Aujourd'hui, on pourrait aussi y voir le profil du terril, élément du paysage caractéristique de la ville. Tout ceci n'est toutefois qu'hypothétique. Quant au « E » couronné, il constitue une marque d'hommage à la reine Élisabeth, il sera remplacé par un « L » sans couronne lors du changement de nom de la ville.

C'est avec cet écu que les « croisettes monétaires katangaises » firent leur entrée parmi les figures héraldiques. Cet objet en cuivre, qui servait de monnaie aux indigènes du Haut-Katanga jusqu'à l'arrivée des Européens, se présente comme une petite croix légèrement pattée et aux extrémités arrondies, de 20 cm environ de côté. Cependant, en la représentant comme une petite croix grecque, les héraldistes officiels belges, mal informés, commirent une regrettable erreur. Au Katanga, elle est en effet traditionnellement représentée comme une croix de saint André. Les armoiries civiques (voir celles de l'État de Moïse Tshombé du Katanga) ou personnelles ultérieures respecteront mieux la tradition.

Rue du centre de Lubumbashi en 1912.
Palais de Justice de Lubumbashi, en style Art déco.
Le terril de Lubumbashi.
Gare de Lubumbashi
Blason actuel de Lubumbashi.