OpenStreetMap

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OpenStreetMap (OSM) est un projet collaboratif de cartographie en ligne qui vise à constituer une base de données géographiques libre du monde (permettant par exemple de créer des cartes sous licence libre), en utilisant le système GPS et d'autres données libres. Il est mis en route en par Steve Coast à l'University College de Londres.

Le projet a été inspiré par le succès de Wikipédia et la prédominance des données cartographiques propriétaires au Royaume-Uni et dans d'autres pays. Depuis, il a atteint plus de deux millions d'utilisateurs enregistrés. Les utilisateurs peuvent collecter des données à l'aide de relevés manuels, de GPS, de photographies aériennes, d'autres sources gratuites, ou utiliser leur propre connaissance de la région. Ces données issues de la production participative sont ensuite mises à disposition sous la licence Open Database License.

Les données d'OSM peuvent être utilisées de diverses manières, notamment pour produire des cartes papier et des cartes électroniques, géocoder des adresses et des noms de lieux, ou planifier des itinéraires. Parmi les principaux utilisateurs figurent Facebook, Wikimedia Maps, Apple, Microsoft, Amazon Logistics, Uber, Craigslist, Snapchat, OsmAnd, Maps.me, MapQuest, le logiciel statistique JMP et Foursquare.

Par l'utilisation de moyens informatiques reposant sur Internet qui permettent l'intervention et la collaboration de tout utilisateur bénévole, OpenStreetMap relève de la géomatique 2.0, de l'information géographique bénévole et de la néogéographie, dont les outils composent le GeoWeb.

Le projet OpenStreetMap, lancé en [2], est présenté par Steve Coast le lors de la conférence Euro Foo Camp[3]. Le premier prototype du projet est une cartographie tracée à partir d'une trace GPS, collectée lors d'un trajet à vélo. Le constat de Steve Coast a été que l'agence cartographique publique de son pays, l’Ordnance Survey, conserve le droit de reproduction à son profit, alors qu'elle est financée par ses principaux utilisateurs, les contribuables britanniques[4].

La situation est identique dans la quasi-totalité des États, excepté les États-Unis, dont la constitution interdit ce double financement. La mise en ligne de certaines cartes (le Géoportail de l'Institut national de l'information géographique et forestière, par exemple) ne correspond pas à une publication libre, puisque la reproduction, la réutilisation ou la modification sont presque toujours soumises à des restrictions importantes.

L'activité déployée pour OpenStreetMap s'inscrit dans le courant de la culture libre, qui préconise les logiciels les plus ouverts possibles. Nombre d'utilisateurs souscrivent à l'idée d'empêcher l'appropriation définitive par des organismes commerciaux de biens dont l'ensemble de la communauté a besoin[réf. souhaitée].

En , la Fondation OpenStreetMap est créée pour soutenir le projet et enregistrée en Angleterre comme organisation à but non lucratif. Ses objectifs principaux sont de gérer l'infrastructure matérielle nécessaire à OpenStreetMap et de protéger juridiquement le projet[5]. En , une association loi de 1901 OpenStreetMap France[6] est créée dans le but de promouvoir et soutenir le projet OpenStreetMap en France. Elle organise chaque année une rencontre des utilisateurs et contributeurs francophones.

Avec le temps, OpenStreetMap obtient diverses sources de données directement importables ou bien utilisables pour créer des données. L'entreprise néerlandaise Automotive Navigation Data (AND) donne, en , une base de données complète du réseau routier des Pays-Bas. La base TIGER (publiée par le Bureau du recensement des États-Unis, domaine public) est importée à la fin de cette même année[7] : celle-ci apporte le réseau routier, les divisions administratives et les voies d'eau des États-Unis.

Au début du projet, la licence des données était la Creative commons by-sa[8], qui était faite pour des œuvres de type littéraire ou artistique. Un des groupes de travail de la Fondation OpenStreetMap s'est efforcé de trouver une licence plus adaptée à des bases de données et s'est joint à l'Open Knowledge Foundation qui développait la licence Open Database License (ODbL)[9]. Cette licence est conçue pour les bases de données et spécifie clairement la ré-utilisation dans le cadre d’œuvres dérivées, les données géographiques étant distinguées d'autres éléments d'un mash-up, elle impose d'un autre côté que la combinaison des données d'OpenStreetMap avec d'autres données suive la même licence[10]. À partir de , les nouveaux contributeurs ont dû accepter la nouvelle licence, alors que les autres contributeurs étaient invités à placer leurs données en ODbL. Le changement est effectif le [11], les données dont les auteurs n'avaient pas changé la licence ont été supprimées (1 % du total).

À la suite du séisme de 2010 à Haïti, des efforts particuliers sont déployés par les contributeurs d'OpenStreetMap pour fournir des données géographiques précises et récentes aux organisations humanitaires. Les images satellites fournies par DigitalGlobe et GeoEye permettent de cartographier les zones sinistrées, les camps de réfugiés, etc.[12] À la suite de cette initiative, le projet Humanitarian OpenStreetMap Team se forme pour répondre aux besoins des humanitaires et aider à la cartographie des pays en voie de développement[13].

Début 2013, le millionième contributeur participant à la réalisation de la carte mondiale librement accessible et utilisable a été enregistré[14].

Une enquête est menée entre 2014 à 2017 au sein du laboratoire Passages (UMR 5319 du CNRS) pour étudier la communauté OSM en France[15]. D'après ses résultats, le contributeur-type d'une communauté OSM (éventuellement territorialisée) est masculin et trentenaire, doté d'un niveau de diplôme élevé, plutôt cadre et « évoluant entre informatique et territoires », avec un « intérêt marqué et renforcé pour les cartes ». Il est volontiers collaboratif et ouvert « sur le Monde et sur du monde… »[16]. Plus précisément, pour 298 réponses obtenues, 88 % des répondants sont des hommes (chez les plus jeunes contributeurs la part homme/femme est un peu plus équilibrée, mais les contributeurs de 27 à 39 ans sont presque tous des hommes), la moyenne d'âge du contributeur est de 38 ans et 58 % des répondants ont un niveau master ou supérieur ; 31 % sont ingénieurs dans le secteur privé et 41 % dans la fonction publique.

À la manière de Wikipédia, tous les internautes naviguant sur le web peuvent contribuer à la création et à la numérisation de cartes. Des éditeurs permettent de réaliser en ligne des cartes en se basant sur un fond d'images satellitaires. Cependant, ces images satellitaires ne couvrent pas toujours en haute résolution l'ensemble du globe. C'est pourquoi il est possible d'introduire des données provenant de récepteurs GPS. Il suffit pour cela de réaliser un itinéraire et de positionner le récepteur en mode enregistrement, puis de le restituer sur le serveur de données d'OpenStreetMap situé au Royaume-Uni et géré par la fondation OpenStreetMap.

Les points d'intérêt (en anglais point of interest, POI), c'est-à-dire, toutes les mentions utiles (noms, largeur, nature du revêtement, sens uniques, parcs, zones résidentielles et d'activités, barrières, pistes cyclables, boîtes aux lettres, cabines téléphoniques, commerces, fontaines, etc.) sont notés, soit en les écrivant, soit en les photographiant, soit en les décrivant sur un appareil d'enregistrement audio.

Tous les modes de locomotion terrestre possibles sont utilisés : à pied, à deux-roues, à rollers, à skis, en véhicule automobile particulier, en bus, en train…

Les enregistrements de données GPS peuvent être rendus publics par l'intermédiaire du site d'OSM. Cela a pour avantage de les rendre visibles dans les outils d'édition des cartes. Cela facilite la couverture internationale : une personne séjournant dans une autre région ou un autre pays que le sien peut publier les tracés de ses parcours, à charge pour les habitants permanents de les compléter.

La carte principale est une carte routière comprenant des éléments figurés de manière plate, mais une carte du relief avec les courbes de niveaux est également disponible.

Les outils disponibles au début de 2010 permettent d'utiliser les données d'OpenStreetMap pour :

Deux principaux types d'outils informatiques sont utilisables : les logiciels d'édition de rendu de cartes qui servent à élaborer les couches de la carte mondiale principale et de ses dérivés et les éditeurs de carte qui servent à modifier les couches existantes.













Différents logiciels, services Internet et modules complémentaires sont développés sur un mode collaboratif. Le plus significatif est le site web OpenStreetBugs qui permet à toute personne de porter des annotations sur la carte glissante et ces remarques et questions deviennent lisibles par les utilisateurs enregistrés qui emploient un logiciel de rendu de carte. D'autres solutions permettent d'utiliser ces cartes sur des sites sous WordPress, ou sur des applications mobiles[31].

Les données numériques suivantes sont actuellement accessibles aux cartographes OSM par l'intermédiaire des outils d'édition et sous forme de couches de données :

À la différence de Wikipédia et bien que le même logiciel, MediaWiki, y soit déployé, les utilisateurs enregistrés interviennent sur un site unique de collaboration dont l'architecture principale et le contenu sont anglophones et qui est complété par des pages dans différentes langues.

Le journal des utilisateurs (onglet User diaries de la carte principale) est rédigé, tour à tour dans les différentes langues (anglais très majoritaire, allemand, français, espagnol, italien, russe, japonais, danois, norvégien, finnois, portugais, etc.). Les zones les mieux couvertes sont le Royaume-Uni, lieu de création du site, et l'Allemagne. Le reste de l'Europe, les États-Unis, le Canada et l'Australie sont les zones suivantes les plus actives.

Pour les autres zones géographiques (a priori de surface ou ouvertes à la réception GPS) couvrant le cas échéant des pays, la couverture par les données d'OpenStreetMap fournies par les contributeurs (plus de 7 000 000 dénombrés en [34]) sur ces zones est très inégale pour des raisons diverses : zone inhospitalière (Antarctique…), sans infrastructures (océans, déserts, forêts…), faible densité de population (hormis les zones agricoles), situations particulières sur le plan économique (disponibilité d'un accès à Internet et d'un PC ; c'est pour cela que, par exemple à Haïti, la Fondation OpenStreetMap contribue financièrement aux travaux des contributeurs) ou sur le plan législatif (généralement des régimes politiques non démocratiques avec restrictions ou interdictions des moyens de contribution à OSM), ces deux dernières raisons pouvant, d'ailleurs, se rejoindre pour certains pays.

Les utilisateurs disposent de sites d'aide en forme de wiki dans de multiples langues[35]. Des forums en ligne, des listes de diffusion (OSM Talk-Fr en français), des blogs et des réunions par messagerie instantanée sont aussi disponibles.

Dans certaines régions, les cartographes amateurs (dont certains se dénomment entre eux mappe(u)rs) se donnent rendez-vous pendant un ou deux jours pour relever de manière coordonnée les données issues des récepteurs GPS et les mettre en ligne sur OSM. Ces manifestations sont appelées en anglais mapping parties. La francisation de ce terme la plus usitée est cartopartie. D'autres événements, comme les mapathons, sont organisés pour permettre à la communauté des contributeurs aussi bien néophytes qu'expérimentés de se rencontrer et de contribuer de manière collective à OSM sur des projets précis[36].

Une rencontre mondiale des contributeurs et développeurs OpenStreetMap se déroule chaque année : le « State of the Map » (SOTM)[37].

La rencontre des contributeurs et développeurs français d'OpenStreetMap a lieu aussi chaque année en France.

À la différence des autres services de cartographie en ligne, OpenStreetMap permet l'accès aux données vectorielles brutes qui servent à faire les rendus cartographiques. De plus, la licence libre des données OpenStreetMap permet à un grand nombre de sites de rediffuser les données dans différents formats[49].

À l'origine, les données d'OpenStreetMap étaient disponibles sous la licence CC-BY-SA. Une transition vers une licence mieux adaptée aux bases de données, la licence ODbL, a été effectuée durant l'été 2012[50]. Les données qui avaient été ajoutées par des contributeurs n'ayant pas accepté la nouvelle licence ont été supprimées de la base par des robots chargés du nettoyage. Certains pays ont été faiblement affectés, tandis que d'autres l'ont été plus fortement (Pologne, Macédoine).

Les données peuvent être téléchargées grâce à différents outils liés au projet OSM, dont la maîtrise peut demander une certaine expertise du monde de l'information géographique et de la structure des données OSM.

Les cartes sont disponibles en ligne sur les sites suivants[57] :

Sur les autres projets Wikimedia :

Steve Coast en 2009.
Une carte du monde (2011) représentant l'utilisation d'OSM en fonction du nombre d'utilisateurs (foncé=beaucoup d'utilisateurs).
Une carte de Paris sur OpenStreetMap.
Utilisation d'un fond de carte d'OpenStreetMap par OpenSeaMap.
Merkaartor, éditeur de carte multiplateforme exploitant Qt.
Utilisateur créant une trace GPS à Strasbourg.
Une table d'attributs des données OSM (ici L'Île-d'Yeu) dans un SIG (ici QGIS).
Navigation sur Gosmore avec cartes libres de OpenStreetMap.