Route du Rhum 2022

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Navigation

La Route du Rhum 2022, officiellement Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2022, est la douzième édition de la Route du Rhum, course transatlantique en solitaire. Initialement prévu le dimanche à 13 h 2, le départ de Saint-Malo est reporté trois jours plus tard, le mercredi 9 à 14 h 15, en raison d'une forte détérioration des conditions météo prévues dans les 36 premières heures de la course. La flotte est répartie en six catégories : Ultime, Ocean Fifty, IMOCA, Class40, Rhum Multi et Rhum Mono.

Le , Charles Caudrelier, sur l'Ultime Maxi Edmond de Rothschild, coupe la ligne d'arrivée devant Pointe-à-Pitre après 6 jours 19 heures 47 minutes 25 secondes de course, battant le précédent record de près de 20 heures.

L'organisation de la course est gérée par la société OC Sport Pen Duick[1].

Un départ unique est initialement prévu à Saint-Malo le à 13 h 2[2]. La ligne de départ se situe au nord de la pointe du Grouin. La bouée du cap Fréhel est à laisser à tribord.

L'arrivée se fait à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe. L'archipel est à contourner en le laissant à bâbord ; l'îlot de la Tête à l'Anglais est à laisser à bâbord et la bouée de Basse-Terre est à laisser à tribord[3].

La distance théorique à parcourir est de 3 542 milles (environ 6 560 km)[4]. Initialement prévue le , la fermeture de la ligne d'arrivée est reportée au à 18 heures[5].

Depuis la deuxième édition de l'épreuve (1982), les skippers des multicoques peuvent disposer du routage, une assistance météorologique apportée par une personne extérieure ; cette disposition est étendue aux navigateurs de la catégorie Rhum Mono. Pour les autres monocoques, les règlements des classes Imoca et Class40 interdisent l'utilisation du routage lors des épreuves de course au large[6].

En , l'organisation annonce l'ajout de 18 invitations aux 120 places ouvertes initialement à l'inscription, portant ainsi le nombre total de skippers prévus au départ à 138[7], qui constitue le record de participations de l'épreuve, et aussi celui d'une course au large en général[8].

Le mardi , lors du convoyage entre Concarneau et Saint-Malo, l’Ultime SVR Lazartigue de François Gabart abîme sa dérive centrale dans un choc avec un OFNI. La dérive est démontée et expédiée au chantier MerConcept à Concarneau pour réparation[9].

Le mercredi , la flotte composée des 138 navires est regroupée dans les bassins Vauban et Duguay-Trouin, le long des quais au pied des remparts et du Palais du Grand Large.

La sortie des écluses commence le vendredi avec les Ultimes, suivis des autres classes le samedi.

La veille du départ, la direction de course annonce le report du départ de la course compte tenu de la situation météo prévue sur les 36 premières heures de la course[10]. C'est la première fois que l'épreuve est reportée depuis sa création en 1978[11]. Le départ est décalé au mercredi suivant à 14 h 15[12].

Dix-sept concurrents écopent d'une pénalité pour un départ anticipé, dont le tenant du titre en Class40 Yoann Richomme, ainsi que le favori de la classe Ultime Charles Caudrelier ; ils devront observer une pénalité de quatre heures dans un délai de quarante-huit heures[13]. Le Team Gitana contestant le départ anticipé du Maxi Edmond de Rothschild, Charles Caudrelier continue sa course le , en attente d'une décision du jury. Le , le comité de course annonce annuler la pénalité du skipper breton, les traces GPS prouvant que le trimaran se situait à 50 mètres de la ligne au moment du départ[14].

Le , avant le départ, le navigateur Oren Nataf abandonne après que sa grand-voile s'est déchirée en deux lors d'un empannage[15].

Le , dans la phase de départ, Sam Goodchild à bord de son Ocean Fifty Leyton abandonne pour être soigné à l'hôpital. Suite à un problème technique, il a été heurté brutalement par les manivelles de sa colonne de winch[16].

Le , une collision entre les IMOCA d'Oliver Heer et de Kojiro Shiraishi contraint les deux navigateurs à rentrer à Saint-Malo. Le bateau du japonais DMG MORI Global One ne pourra pas être réparé rapidement : c'est l'abandon.

Dans la nuit du 9 au , Martin Louchart, à bord son Class40 Randstad-Ausy, heurte des rochers près de la côte du Finistère. Il fait demi-tour jusqu'à Saint-Malo et constate que les dégâts sont trop importants pour reprendre la course[17].

Le vers 3 heures du matin, le Class40 d'Antoine Magré s'échoue sur l'île de Batz ; le navigateur est récupéré par la SNSM et ramené à Roscoff[18].

Le vers midi, Armel Le Cléac'h constate la casse brutale de la dérive sous la coque centrale du Maxi Banque populaire XI qui naviguait pourtant dans des conditions de vent et de houle peu fortes ; le skipper fait une escale à Lorient pendant une journée et demie pour réparer la coque et la dérive puis reprend la course[19].

Le vers h 30 du matin, l'IMOCA Groupe Apicil skippé par Damien Seguin démâte après avoir été percuté par un cargo dans le Golfe de Gascogne[20].

Le après-midi, l'IMOCA Bureau Vallée démâte (deux ris et J3), dans environ deux mètres de creux selon Louis Burton, le navigateur, qui n'est pas blessé.

Le au soir c'est le Class 40 Crosscall d'Aurélien Ducroz qui démâte à son tour[21].

Le soir du samedi , l'Ocean Fifty Solidaires En Peloton - ARSEP qui avait pris la tête au classement de sa catégorie la veille, chavire entre le Portugal et les Açores. Thibaut Vauchel-Camus n'est pas blessé et s'est réfugié dans la coque centrale du trimaran[22]. Il est secouru le dimanche matin, après le lever du soleil, par Adrien Hardy et son navire de sauvetage Mérida, qui rapatrie le marin et remorque son navire en direction de l'Archipel des Açores[23].

Le au matin, dans le trio de tête des Rhum Multi, le catamaran CMA Île-de-France 60000 Rebonds chavire entre le Cap Finistère et les Açores, après une défaillance du pilote automatique, dans une violente rafale, entraînant un départ à l'abattée. Brieuc Maisonneuve, victime de quelques contusions, est récupéré par le leader des Rhum Mono Jean-Pierre Dick, dépêché sur place par la direction de course. Les deux navigateur font route ves les Açores[24],[25].

Le , abandon de Rupert Henry sur le Class40 Eora suite à une défaillance structurelle d’une cloison avant du bateau.

Le au matin, Nexans - Art & Fenêtres, qui évolue dans le milieu du classement des IMOCA, est endommagé par une vague qui rompt son ballast tribord et provoque une voie d'eau. Les batteries sont touchées. Sans électricité, Fabrice Amedeo décide de se diriger vers Cascais. Quelques heures plus tard, de la fumée blanche se dégage des batteries. Fabrice Amedeo utilise un extincteur. La direction de course déroute James Harayda et son voilier, mais cette assistance ne sera finalement pas nécessaire. Le lendemain, 14 novembre, en milieu de journée, de la fumée jaune précède une explosion qui provoque un incendie ; l'usage d'un extincteur ne suffit pas à l'éteindre. Fabrice Amedeo embarque sur son radeau de survie dans une mer très houleuse et déclenche ses balises de détresse. L'IMOCA, en flammes, sombre. Le cargo M/V Maersk Brida, répond au message Mayday à la radio VHF de Fabrice Amedeo, le contact visuel est établi grâce à des fusées de détresse. Après environ trois heures, Fabrice Amedeo réussit, non sans difficultés, à se hisser de son canot jusque sur le cargo[26],[27],[28].

Le , Jean Galfione abandonne la course après des examens médicaux réalisés à Vigo et qui lui ont révélé une commotion cérébrale. Le navigateur avait reçu un gros choc à la tête au large de la Corogne à bord son class40 SERENIS Consulting. Le navigateur avait repris la course après une escale à Brest en raison de problèmes techniques (grand-voile, entrée d’eau près de la quille, perte d’un aérien)[29].

Le matin vers 5 heures, alors qu'il faisait route vers Vigo, Erwan Thibouméry doit abandonner son trimaran Interaction devenu incontrôlable dans des conditions de mer et de vent difficiles, suite à de nombreux problèmes de voiles et d'une panne de moteur. Le navigateur est hélitreuillé par les secours espagnols, tandis que son bateau est retrouvé plus tard échoué sur la plage de Ferreira[30].

Le , quelques minutes avant le passage de la ligne d'arrivée par le vainqueur, la course déplore deux morts, salariés de OC Sport Pen Duick, après le chavirage d'un bateau suiveur affrété par l'organisation de la course[31],[32].

Le vers 20 heures, alors qu'il était en tête de la catégorie Rhum Multi, le trimaran Jess, barré par Gilles Buekenhout, chavire à 225 milles de la Tête à l’Anglais, soit à 280 milles de la ligne d'arrivée. Deux cargos, ainsi que les concurrents Loïc Escoffier et Roland Jourdain, sont déroutés pour rendre secours au skipper resté à bord de son voilier.[33]. Le chimiquier Chem Patriot embarque Gilles à son bord, en bonne santé, et le ramène en Guadeloupe.

La course accueille 138 concurrents dont 131 hommes et 7 femmes, répartis en six catégories[34] :

Le doyen de la flotte est Philippe Poupon, âgé de 68 ans, tandis que le plus jeune est Martin Louchart[35], âgé de 20 ans.

Le plus vieux voilier participant à l'épreuve est le monocoque Viabilis-Pen Duick III-ACH Pour les enfants de Robert Debré, construit pour Éric Tabarly il y a 55 années en 1967, et piloté par Arnaud Pennarun.

Quatorze pays sont représentées selon la nationalité des concurrents : l'Allemagne, l'Afrique du Sud, l'Australie, la Belgique, la Chine, la Croatie, les Etats-Unis, la France, la Hongrie, l'Italie, le Japon, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et la Suisse.

(nœuds)

Le , après un peu plus d'une heure de course (h 6 min), les trois premiers concurrents franchissent la bouée du Cap Fréhel dans l'ordre suivant : Charles Caudrelier à 15 h 21, Armel Le Cléac'h à 15 h 29 et François Gabart à 15 h 31[38]. À 23 h 45, les deux premiers (Charles Caudrelier et Armel Le Cléac'h) passent entre le rail d'Ouessant et l'île d'Ouessant.

Le à h 30, les deux premiers (Charles Caudrelier et François Gabart) passent au large du Cap Finisterre.

Le après-midi vers 16 heures, après un peu plus de trois jours de course, le trio de tête composé de Charles Caudrelier, François Gabart et Thomas Coville, traverse l'Archipel des Açores, avec des écarts d'environ 7 et 48 milles. Les navires progressent à des vitesses moyennes de 24 à 29 nœuds.

Le , Charles Caudrelier coupe la ligne d'arrivée devant Pointe-à-Pitre en battant le précédent record de près de 20 heures. Il signe un temps record de 6 j 19 h 47 min 25 s contre 7 j 14 h 21 min 47 s pour Francis Joyon en 2018. Le gain de vitesse moyenne sur la route orthodromique est de l'ordre de deux nœuds (21,63 contre 19,42 en 2018), le gain de vitesse moyenne sur l'eau et de l'ordre de trois nœuds (26,86 sur 4 399,58 milles parcourus contre 23,95 sur 4 367 milles parcourus en 2018).

Charles Caudrelier met ainsi fin à la série de trois victoires consécutives du trimaran Groupama 3 : en 2010, en 2014 (sous le nom de Banque populaire VII ) et en 2018 (sous le nom d'Idec Sport )[39]. Caudrelier est félicité par Franck Cammas, son routeur. Un Cammas qui fut le vainqueur de l'épreuve en 2010[39], routé par Caudrelier[40]. Celui-ci relativise le record qu'il vient d'établir, alors que Francis Joyon à la barre de Groupama 3, devenu Idec Sport, est encore à 820 milles de l'arrivée : « Groupama 3 a été mis à l'eau en 2006, c'est un bateau génial, qui a marqué l'histoire de la voile, il est normal d'aller plus vite aujourd'hui, avec des foils, sur ces bateaux volants. »[41]

Thomas Coville arrive 3e 10 h après le vainqueur, battant largement le précédent record malgré des conditions météo moins favorables que lors des éditions précédentes[42].

(nœuds)

Le , après un peu plus d'une heure de course (h 33 min), les trois premiers concurrents franchissent la bouée du Cap Fréhel dans l'ordre suivant : Quentin Vlamynck à 15 h 48, Sébastien Rogues à 15 h 50 et Armel Tripon à 15 h 53[38].

Le après-midi vers 15 heures, après quatre jours de courses, le trio de tête composé de Quentin Vlamynck, Sébastien Rogues et Erwan Le Roux, passe au sud de l'Archipel des Açores, avec un écart d'environ 47 milles entre le premier et le troisième. Les navires progressent à des vitesses moyennes de 10 à 17 nœuds.

(nœuds)

* En raison d'une collision avec un autre concurrent au cours de la première soirée de la course qui n'était pas de sa faute et qui a nécessité son retour au port pour effectuer des réparations, Oliver Heer a reçu 84 heures de temps de bonification

Le , après plus d'une heure de course (h 52 min), les trois premiers concurrents franchissent la bouée du Cap Fréhel dans l'ordre suivant : Charlie Dalin à 16 h 7, Louis Burton à 16 h 14 et Jérémie Beyou à 16 h 17[38].

Le après-midi vers 15 heures, après un peu plus de quatre jours de courses, Charlie Dalin passe entre les îles sud de l'Archipel des Açores, avec un écart d'environ 83 milles sur Jérémie Beyou et 86 milles sur Thomas Ruyant. Les trois premiers navires progressent à des vitesses moyennes de 10 à 18 nœuds.

Le matin vers 6 heures, à près de 1 100 milles de l'arrivée, pour la première fois de l'épreuve, Thomas Ruyant prend la tête devant Charlie Dalin. Les deux skippers entament un duel d’empannage, suivis à environ 60 milles par Kevin Escoffier et Jérémie Beyou.

Justine Mettraux sur Teamwork est la première femme à franchir la ligne d'arrivée à Pointe-à-Pitre, en arrivant 7e dans sa classe et 19e au classement général.

En se classant 11e le , Mon courtier énergie - Cap Agir Ensemble (2006), barré par Sébastien Marsset, est le premier IMOCA à dérive droite.

(nœuds)

Le , juste après quatre heures de course, les trois premiers concurrents franchissent la bouée du Cap Fréhel dans l'ordre suivant : Matthieu Perraut à 18 h 15, Ambrogio Beccaria à 18 h 18 et Luke Berry à 18 h 23[38].

Le matin vers 9 heures, après cinq jours et 19 heures de courses, le trio de tête composé de Yoann Richomme, Xavier Macaire et Corentin Douguet, traverse l'Archipel des Açores au lever du soleil, avec un écart d'environ 16 milles entre le premier et le troisième. Les navires progressent à une vitesse moyenne de 7 nœuds.

(nœuds)

Le , après un peu plus de quatre heures de course (h 8 min), les trois premiers concurrents franchissent la bouée du Cap Fréhel dans l'ordre suivant : Fabrice Payen à 18 h 23, Gilles Buekenhout à 18 h 38 et Gwen Chapalain à 18 h 39[38].

Le matin vers 10 heures, après cinq jours et 20 heures de course, Gilles Buekenhout passe au sud de l'Archipel des Açores avec un écart d'environ 96 milles sur Roland Jourdain et 119 milles sur Loïc Escoffier. Les trois premiers navires progressent à des vitesses moyennes de 9 nœuds à 13 nœuds. La flotte est divisée en deux groupes avec sept voiliers avec la trajectoire du sud des Açores et six autres plus proches des côtes Africaines et du Portugal au nord de Madère. Le guadeloupéen David Ducosson, fermant la course de sa catégorie, est à l'arrêt à Lorient depuis pour réparer son pilote automatique[47], en attente d'une fenêtre météo, après une première escale à Brest[48] ; il repart le vers 17 heures à environ 1 500 milles du navire de Gilles Buekenhout, toujours en tête de course.

(nœuds)

Le , après un peu plus de quatre heures de course (h 11 min), les trois premiers concurrents franchissent la bouée du Cap Fréhel dans l'ordre suivant : Jean-Pierre Dick à 18 h 26, Catherine Chabaud à 18 h 30 et Willy Bissainte à 18 h 48[38].